Dans le Périgord, où la situation est qualifiée de « très évolutive », la préfecture a ordonné des abattages préventifs élargis autour des foyers d’influenza aviaire. La Bretagne, premier bassin avicole français, n’a pas connu de nouveau cas.
La préfecture de Dordogne a annoncé le 20 avril de nouvelles mesures de dépeuplement préventif autour des foyers d’influenza aviaire, afin de freiner l’épizootie qui cause des dégâts dans cet important bassin de production de foie gras. « Toutes les volailles présentes doivent être abattues préventivement » dans un rayon de 1 km autour des foyers et des sites sensibles, indique la préfecture dans un communiqué.
Dans un rayon de 3 km, ce sont tous les palmipèdes qui doivent être abattus. Quant aux canards prêts à gaver, ils doivent être abattus dans un rayon de 5 km, voire 10 km « en fonction d’une analyse des risques ». Par dérogation, les élevages dits « autarciques » situés entre 3 et 10 km d’un foyer ne « feront pas l’objet d’abattage préventif », mais « leur environnement fera l’objet d’une obligation de surveillance ».
Stratégie inchangée de « vide sanitaire »
La stratégie des pouvoirs publics « reste la même », précise la préfecture de Dordogne : créer un « vide sanitaire dans un périmètre suffisamment large autour des foyers confirmés, afin de freiner la propagation du virus et de protéger les élevages indemnes ». Depuis la découverte du premier cas en Dordogne le 3 avril, « 277 982 volailles ont été euthanasiées », d’après les autorités.
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Par ailleurs, « la " zone réglementée supplémentaire " est prolongée de six jours, avec maintien de l’interdiction d’entrée de volailles vivantes au sein de cette zone », ajoute la préfecture. Ce secteur couvrant 371 communes devait être levé le 19 avril. Mais lors d’un « nouveau point de situation avec l’interprofession » le 20 avril, les participants ont constaté que l’épizootie « reste très évolutive en Dordogne ». À cette date, le département comptait 38 foyers, tandis que le Lot voisin en comptait 36. Plus à l’est, la maladie est arrivée en Aveyron (deux cas) ; aucun nouveau foyer n’a été recensé en Corrèze (trois cas) ni dans le Cantal (quatre cas).
Ralentissement en Pays de la Loire
Dans l’Ouest, la maladie poursuit sa progression, mais à un rythme moindre. Aucun nouveau cas n’a été détecté en Bretagne, premier bassin avicole français et sous la menace d’une extension de l’épizootie. Les Pays de la Loire et ses départements limitrophes (Deux-Sèvres notamment) restent les plus durement touchés, avec 841 foyers sur les 1 315 confirmés au dernier bilan officiel arrêté le 20 avril. Dans les Deux-Sèvres (42 cas), « la progression de l’épidémie reste maîtrisée », mais elle est « continue », a indiqué la préfecture à l’AFP. Le 20 avril, les pouvoirs publics y ont annoncé l’abattage des volailles dans 215 exploitations avicoles situées autour de couvoirs et d’élevages de reproducteurs, afin de les protéger de l’influenza. Devant être menés « au plus tard le 30 avril », ces dépeuplements préventifs visent à protéger cinq couvoirs et cinq élevages de reproducteurs.
Pour Emmanuelle Dubée, préfet des Deux-Sèvres, « cette mesure est nécessaire pour garantir l’avenir de la filière », en assurant la fourniture de poussins et de canetons afin de redémarrer la production. Ces dépeuplements sont encadrés par une instruction technique de la DGAL (ministère de l’Agriculture), qui prévoit l’abattage des animaux dans un rayon de 3 km autour des sites « sensibles » et de 5 km autour de ceux considérés « très sensibles ». Les Pays de la Loire et les Deux-Sèvres comptent « 200 à 250 » de ces sites, selon le président de la chambre d’agriculture de Vendée Joël Limouzin. Une large partie de la génétique avicole y est implantée : par exemple, les Pays de la Loire produisent un tiers des œufs à couver français et près de trois quarts des canetons.