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Influenza : le plan Adour pourrait servir de modèle pour les Pays de la Loire

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Les filières des volailles travaillent sur un projet de repeuplement progressif dans les Pays de la Loire, en remettant en place d’abord les galliformes, puis les dindes et les palmipèdes dans les communes les plus denses. Une réflexion largement basée sur la méthodologique utilisée pour aboutir au plan Adour dans le Sud-Ouest.

Alors que le dernier cas d’influenza dans les Pays de la Loire remonte au 18 janvier, les interprofessions des volailles mènent une réflexion commune pour préparer le repeuplement de la région, a appris Agra Presse de sources concordantes le 3 février. Un chantier basé en grande partie sur la méthode du « plan Adour », mis en place dans le Sud-Ouest cet hiver. Selon le Cicar (canards à rôtir), il s’agirait d’abord d’identifier les communes les plus à risque (densité d’animaux, répétition des foyers, etc.) au sein de la « zone à risque de diffusion » (ZRD) des Pays de la Loire. Pour cela, les différentes filières avicoles (volailles de chair, œufs, foie gras) doivent « partager les densités d’élevages » et les rapporter à la superficie des communes, explique Marie-Pierre Pé, la directrice du Cifog (interprofession du foie gras).

Dans le Sud-Ouest, cette méthodologie a permis de lister les 32 communes comptant le plus de gallinacées et les 68 communes les plus denses en palmipèdes. Dans ces dernières, un « vide sanitaire synchronisé » (aucun palmipède dans la zone) a été instauré entre le 15 décembre et le 15 janvier. En revanche, dans les Pays de la Loire, la méthode serait employée pour construire un « repeuplement mesuré et échelonné dans le temps », selon Marie-Pierre Pé. L’idée serait de « dédensifier cette zone à la réouverture », explique-t-on au Cicar, probablement via des remises en place plus tardives pour les palmipèdes et les dindes (plus sensibles à la maladie).

Une réflexion à faire aboutir d’urgence

En l’état des discussions, ces restrictions ne concerneraient pas les élevages de reproducteurs. Les Pays de la Loire sont une zone cruciale pour la génétique avicole, avec par exemple 75 % de la production nationale de canetons pour le foie gras. Avec 199 cas sur 294 au niveau national (métropole), le bassin couvrant la Vendée, le Maine-et-Loire et les Deux-Sèvres concentre plus des deux tiers des foyers. La zone avait déjà été ravagée en février 2022, provoquant une pénurie de canetons notamment.

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Trois points resteraient à trancher pour finaliser ce projet de repeuplement. Le premier porte sur la liste des communes concernées ; en l’état, elle pourrait représenter plus de la moitié de la production de la ZRD des Pays de la Loire. Deuxième inconnue : la date de fin d’application des restrictions. De source professionnelle, la date du 15 mai aurait été proposée à la DGAL (ministère de l’Agriculture) pour les élevages de production de palmipèdes, et le 15 juin pour les ateliers de gavage. Dernière question à trancher : l’identification des sites stratégiques (autour d’une trentaine de sites de génétique notamment), ainsi que les mesures de protection qui leur seraient appliquées.

Du côté du Cicar, on souhaite une conclusion la plus rapide de ces travaux afin « d’être prêt quand les zones réglementées rouvriront ». En théorie, une zone réglementée peut être levée 21 jours après sa création, en l’absence de nouveau cas et à condition que les élevages aient été nettoyés et désinfectés. Certaines communes ont ainsi récemment été « rouvertes » en Vendée, le département le plus touché lors de la saison 2022-2023.

Impact économique en cours de chiffrage

Ce plan de repeuplement ne pourrait toutefois voir le jour qu’avec un accompagnement financier des pouvoirs publics. « La porte n’est pas fermée », et l’administration attendrait un chiffrage de l’impact de la part des filières, apprend-on de source professionnelle. Pour rappel, l’impact économique du plan Adour a été évalué à 12 M€ pour l’ensemble des filières avicoles. Une somme qui doit être en partie compensée par des indemnisations économiques bonifiées pour les éleveurs, et des aides non encore annoncées pour le reste de la filière. De son côté, la Coordination rurale a fait une autre proposition, plus radicale, au cabinet du ministre de l’Agriculture : elle souhaite « permettre aux éleveurs de dindes et de canards [des Pays de la Loire] d’arrêter la production jusqu’à fin mai », avec indemnisation à 100 %.

Vers une remise en place plus tardive pour les canards

« Être prêt quand les zones réglementées rouvriront »