Critiquant – de longue date – la stratégie des pouvoirs publics contre l’influenza aviaire, la Confédération paysanne et le Modef veulent participer à la réflexion sur « l’élevage avicole de demain ». De son côté, la CR a rencontré le conseiller de Marc Fesneau.
La Confédération paysanne et le Modef ont demandé « un rendez-vous spécifique à Marc Fesneau sur la gestion de la crise » de l’influenza aviaire, ont-ils annoncé dans un communiqué le 26 janvier. Les deux syndicats critiquent la politique des pouvoirs publics, qu’ils qualifient d’« inefficace », « opaque » et « injuste ». Malgré un nombre de foyers « jusque-là inégalé sur cette période de l’année » (289 cas en élevages au 30 janvier), « aucun changement de stratégie n’est envisagé », sur les trois « piliers de l’action des pouvoirs publics » que sont, selon eux, la mise à l’abri, les abattages préventifs et l’« application pure et simple des désideratas des filières industrielles ». Par ailleurs, soulignent la Conf’ et le Modef, « le ministère a décidé de réfléchir aux moyens de la sortie de la crise en esquissant l’élevage de demain avec les seules interprofessions ». Une allusion à la réflexion sur l’élevage avicole de demain, lancée dans le cadre du plan influenza de l’été 2022. Les organisations minoritaires exhortent le ministre à « respecter enfin la pluralité syndicale ».
La CR veut mettre la production en pause
De son côté, la Coordination rurale a rapporté sur son site web avoir rencontré Hadrien Jaquet, le conseiller productions animales de Marc Fesneau. Le syndicat lui a notamment proposé de « permettre aux éleveurs de dindes et de canards [des Pays de la Loire] d’arrêter la production jusqu’à fin mai », avec indemnisation à 100 %. Avec 199 cas sur 289 au niveau national, le bassin avicole couvrant la Vendée, le Maine-et-Loire et les Deux-Sèvres concentre plus des deux tiers des foyers. Y arrêter la production jusqu’à l’été serait une solution « quatre fois moins coûteuse » que les indemnisations après abattage, estime la CR. Une philosophie qui semble inspirée du plan Adour, qui consistait en un vide sanitaire d’un mois (aucun canard) dans les 68 communes les plus denses du Sud-Ouest. Son impact économique a été chiffré à 12 M€ pour les différentes filières volailles. Un coût en partie compensé par une indemnisation bonifiée de la part des pouvoirs publics.
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Lors de son rendez-vous, la Coordination rurale a aussi demandé une revalorisation des indemnisations (à 95 % de la VMO, Valeur marchande objective, contre 75 % actuellement). Le syndicat a aussi fait remonter de « graves manquements des équipes de GT Logistics » chargées d’euthanasier les volailles dans le Gers : « Mauvais respect de la biosécurité, du bien-être animal et des éleveurs ».