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Influenza: l'impatience monte sur le dossier des indemnisations

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Près de 300 aviculteurs ont manifesté le 20 février à Nantes pour accélérer les indemnisations des deux épisodes d’influenza aviaire (hiver 2022-2023 et printemps 2022). Autre dossier : l'accompagnement du plan de repeuplement des Pays de la Loire.

À l’appel du syndicalisme majoritaire (FRSEA et JA des Pays de la Loire, FDSEA des Deux-Sèvres), 300 aviculteurs ont manifesté le 20 février devant la préfecture de région à Nantes pour demander une accélération des indemnisations liées à l’influenza aviaire. Alors que la région vient de subir une deuxième vague d'influenza à l'hiver 2022-2023 (avec plus de 200 cas), la profession demande le déblocage d’avances sur les indemnisations pour cet épisode. Concernant les indemnisations sanitaires (foyers et dépeuplements), « on ne comprend pas pourquoi ce n’est pas encore enclenché, car c’est un dispositif réglementaire », indique Jordy Bouancheau, vice-président régional des Jeunes agriculteurs (JA).

Quant à l’enveloppe des indemnisations économiques (pertes de production), toujours pour 2022-2023, elle serait selon lui « en cours de négociation » entre les ministères de l’Agriculture et de l’Économie. Dans ce cadre, les professionnels demandent « une enveloppe à la hauteur du préjudice, avec la même valeur [unitaire par animal], voire plus », vu la flambée des coûts de production. « Nous demandons la reconduction du dispositif de 2021-2022, précise de son côté Louis Perrault, président du SNA (accouveurs), lors d'une conférence de presse d'Anvol (interprofession des volailles de chair) le 22 février. Aujourd'hui, les modalités sont complètement inconnues, on ne sait pas comment on va sortir de la crise. »

Repeuplement et protection des sites sensibles

Par ailleurs, le syndicalisme majoritaire réclame une aide pour accompagner le redémarrage échelonné en cours d’élaboration dans la région. Dans les 45 communes les plus à risque de la ZRD (zone à risque de diffusion) des Pays de la Loire et des Deux-Sèvres, les palmipèdes pourraient ne pas être mis en place avant le 15 mai (canards à rôtir), voire le 15 juin (ateliers de gavage). « Les dindes seront aussi concernées », ajoute le directeur d'Anvol Yann Nédélec. Ce plan de repeuplement vise à dédensifier cette zone stratégique pour « éviter la recontamination », comme l'explique Louis Perrault. Il comprend un volet de protection des sites sensibles (couvoirs, élevages de reproducteurs et de sélection). Pour réduire les risques, les restrictions de mise en place des palmipèdes s'appliqueront dans un rayon de 3 km autour de 30 sites identifiés, selon le président du SNA.

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À l’instar du « plan Adour » dans le Sud-Ouest, les éleveurs ligériens demandent des indemnisations couvrant les pertes après la levée des restrictions sanitaires (dispositif dit « I3 »). Car le plan de repeuplement pourrait provoquer des pertes économiques estimées autour de 22 M€, selon Jordy Bouancheau. Interrogée sur ce chiffre, l'interprofession Anvol ne l'a pas confirmé. Selon les espèces et les maillons, les restrictions de mise en place pourraient concerner plus de la moitié de la production de la ZRD. Autre point de repère: l’impact économique du plan Adour avait été évalué à 12 M€ pour l’ensemble des filières avicoles.

Toujours en attente du solde 2021-2022

Dernier dossier : « On attend toujours le solde des indemnisations économiques et sanitaires pour l’épisode du printemps 2022 » (saison 2021-2022), déplore Jordy Bouancheau. Reçue par les services de la préfecture de région après la manifestation du 20 février, une délégation d’élus a obtenu la confirmation que le solde sera versé courant mars, comme annoncé par le ministère de l’Agriculture. « Beaucoup d’éleveurs attendent ces aides pour remettre en production », indique Jordy Bouancheau. Pour d’autres, la situation est plus difficile : « Certains aviculteurs n’ont pas d’animaux dans leurs bâtiments depuis un an, il peut manquer jusqu’à 300 000 euros dans certains cas. » « Ces soldes permettront seulement de ramener les trésoreries à zéro et de rembourser les avances de trésorerie des banques, selon l’élu des JA. Ils ne résoudront pas le problème de fond : maintenir un revenu digne de ce nom. »

Enveloppe 2022-2023 « en cours de négociation » avec Bercy

« Certains n’ont pas d’animaux dans leurs bâtiments depuis un an »