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Influenza : l’industrie de la charcuterie veut des « souplesses » sur l’étiquetage

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Face à des « pénuries » dues à l’influenza aviaire, la Fict (charcutiers industriels) veut pouvoir modifier temporairement les recettes, à l’instar des souplesses récemment accordées sur l’huile de tournesol en raison de la guerre en Ukraine.

La Fict (industriels de la charcuterie) a demandé à la DGCCRF (Fraudes) des « souplesses » sur l’étiquetage de certains produits de volailles pour cause de « pénuries sur certains ingrédients », liées à l’influenza aviaire, a-t-on appris le 19 mai. Alors que l’épizootie a provoqué l’abattage de quelque 16 millions d’animaux, les industriels rencontrent des difficultés à se procurer certaines matières premières, notamment pour « les terrines de volailles ou les produits farcis au foie gras », précise le président de la Fict Bernard Vallat à Agra Presse. Les souplesses demandées par sa fédération portent sur des modifications temporaires de recettes, des mentions valorisantes (sans OGM, sans antibiotique) et sur l’origine des viandes. « On demande de pouvoir réduire les pourcentages dans les recettes, illustre M. Vallat. Par exemple, au lieu de 30 % de gras de canard, il faudrait pouvoir remplacer par 15 % de gras de canard et 15 % de gras de dinde ou de poulet. » La Fict indique travailler sur ce sujet avec Anvol (interprofession des volailles de chair).

« Pression politique énorme »

À la manière des dérogations récemment accordées sur l’huile de tournesol en raison de la guerre en Ukraine, la Fict propose des souplesses temporaires, « accordées au cas par cas sur justification de rupture ». L’information aux consommateurs pourrait être assurée par des stickers ou « un affichage digital en tête de gondole » dans les magasins. « Sur l’Ukraine, une grande souplesse a été acceptée, nous avons été étonnés », confie le président de la Fict, notant une « pression politique énorme qui a porté ses fruits ».

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« En l’absence de dérogations, les entreprises risquent de sortir les produits concernés de leur catalogue, prévient le directeur de la Fict, Fabien Castanier. Au final, ce sont les producteurs qui seront perdants. » Et de relever que « les entreprises s’engagent de plus en plus sur l’origine France, mais il faut qu’elles soient accompagnées en cas de crise, avec la possibilité de pouvoir s’approvisionner en partie ailleurs. » Les viandes de volailles représentent 15 % des matières premières carnées utilisées en charcuterie, et les ventes de charcuteries à base de volailles totalisent environ 500 M€ (sur un chiffre d’affaires environ 7 Mrd€ pour l’ensemble des charcuteries).

Les volailles, 15 % des matières premières des charcutiers