Une étude du programme One Health Poultry Hub parue dans Nature communications le 1er mai confirme « le rôle important des marchés de volailles vivantes comme points névralgiques » de la transmission de l’influenza aviaire en Asie. Ce travail – auquel a participé l’Inrae – a consisté à modéliser la transmission du virus H9N2 dans un marché de Chattogram (Bangladesh). Peu virulent pour les oiseaux, le H9N2 est la souche « la plus prévalente dans les volailles au niveau mondial » ; plusieurs souches hautement pathogènes en sont issues par recombinaison, dont le H5N1 actuellement présent en Europe et aux États-Unis. La modélisation a montré que « plus de 80 % des poulets entrant [sains] dans le marché deviennent infectés dans les 20 heures ». En moyenne, un poulet devient contagieux après 5,3 heures passées au marché pour les souches « exotiques » à croissance rapide, et après un jour pour les souches locales élevées en basse-cour – « la plupart » d’entre eux étant immunisés au H9N2.
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Les scientifiques ont également testé plusieurs mesures de prévention. Sans surprise, la vaccination préventive apparaît comme « particulièrement efficace pour réduire la transmission » (un vaccin contre H9N2 est disponible au Bangladesh uniquement pour les pondeuses et les reproducteurs). La combinaison de plusieurs mesures de biosécurité (retrait des volailles non vendues dans la journée, contrôle des animaux à l’arrivée, désinfection légère) peut « réduire la prévalence quotidienne cumulée de plus de 80 % ». Les scientifiques rappellent que, dans « les 25 dernières années », les autorités ont pris des mesures pour « contrôler la transmission » de la maladie » dans ces marchés (hygiène renforcée, interdiction du maintien des volailles d’un jour sur l’autre, fermetures périodiques).