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Porc Initia se félicite «d’avoir permis de redresser le cours du porc»

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«20250 euros par an en plus par élevage», se félicite le président de la fédération de coopératives baptisée Initia. La structure, qui a vu le jour en 2003, exporte depuis l’année dernière des porcs vivants. Objectif : assécher le marché français pour faire levier sur les prix payés aux éleveurs. La stratégie d’Initia semble fonctionner puisque le prix du porc français a rejoint celui de ses principaux confrères européens et a permis de générer des gains pour les éleveurs.

« Les éleveurs doivent comprendre que leur métier n’est pas que de produire des cochons. C’est aussi de les vendre», a déclaré Jo Moal, le président de la fédération de coopératives, Initia, qui s’exprimait au Space le 13 septembre. En 2003, trois coopératives, L-T, Poraven et Porfimad ont décidé de se fédérer et de former une Société anonyme simplifiée (SAS) pour vendre en commun leurs porcs. L’objectif pour les agriculteurs était double : abaisser les coûts de revient et augmenter les prix de vente des porcs. Très vite, Initia est devenue également une centrale d’achat de matériels et matériaux, puis également de matières premières.

«20250 euros de gain annuel»

« En 2004, nous avons vu beaucoup d’éleveurs connaître de graves difficultés financières. Nous ne pouvions pas passer 2005 comme nous avions connu 2004. Il fallait se prendre en main pour faire face à la pression des abattoirs», confie Jo Moal. C’est ainsi qu’est née début 2005 une plate-forme de ventes de porcs vivants pour l’exportation Voir Agra Presse Hebdo n°3010 du 6 juin 2005, le but étant de réduire les disponibilités sur le marché français pour provoquer une augmentation mécanique des prix de vente payés aux éleveurs. 8 autres coopératives (CEB, Cofiporc, L’Armorique, Pigalys, Porcial, Porc Ouest, Seretal Porcs et Syproporcs) ont rejoint à ce moment le projet. Et ça marche, « l’effet levier a fonctionné » si l’on en croit l’équipe dirigeante d’Initia. Le prix du Marché du porc breton (MPB) s’est rapproché sensiblement des cours des marchés étrangers. « Avant la création de la plate-forme d’exportation, il y avait un écart de 5,73 centimes/kg entre le prix payé aux producteurs français et celui payé aux éleveurs allemands. Depuis l’installation de la plate-forme, il n’y a plus que 1,98 centime d’euro/kg de différence », se réjouit Jo Moal. Ainsi, selon les estimations d’Initia, l’augmentation du revenu moyen annuel pour un élevage de 250 truies a été de 20 250 euros depuis la création de la plate-forme.

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«Les abattoirs doivent s’organiser»

«Trahison!», ont crié les abattoirs, qui ont vu disparaître une partie de leur approvisionnement. « Non, ce n’est absolument pas le cas, se défend Jo Moal. Si nous n’avions rien fait, c’était prendre le risque de voir diminuer le potentiel de production français». « Les abattoirs ont leur problème. Mais c’est à eux de s’organiser. Ils doivent être plus combatifs vis-à-vis de leurs propres clients Il est incontournable qu’il y ait des regroupements, sinon il y aura inévitablement des fermetures voire des rachats», prévient-il, brandissant le spectre du géant allemand Vion. Au total, Initia, estime avoir livré entre «0 et 4000 porcs par semaine» sur les marchés espagnol, allemand, hollandais et belge, soit «1% de l’activité Uniporc Ouest. Le groupement, qui fédère 11 coopératives autour de sa plate-forme d’exportation, représente 650 éleveurs, 60% des apports du MPB et 17,4% des porcs abattus en France.