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Fruits et légumes Initiative franco-espagnole pour réguler le marché en temps de crise

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Malgré les aides allouées par l’UE pour faire face à la crise sanitaire de l’E-coli, le secteur français des fruits et légumes est toujours en grande difficulté. Ecrasés par la concurrence espagnole et les pratiques parfois douteuses de certains grossistes, les producteurs se trouvent dans l’impossibilité de vendre leurs produits à des prix permettant de couvrir les coûts de production. Alors que Bruno Le Maire, le ministre français de l’agriculture, a promis le 23 août le déblocage rapide de plusieurs millions d’aide, la France et l’Espagne entendent mobiliser la Commission européenne en vue de réfléchir à la création d’instruments de régulation à même d’apporter un soutien aux producteurs en temps de crise. M. Le Maire et sa collègue espagnole, Rosa Aguilar, ont l’intention de faire une proposition dans ce sens dans les prochains jours.

S’exprimant le 13 août, la ministre espagnole de l’agriculture, Mme Aguilar, a indiqué que Madrid et Paris vont soumettre une mesure « forte » à la Commission européenne pour réguler le marché des fruits et légumes en cas de crise. M. Le Maire a précisé qu’il présenterait le 7 septembre un plan de sortie de crise pour le long terme basé sur les trois lignes directrices suivantes : une réorganisation de la commercialisation des fruits et légumes et un regroupement de l’offre pour donner plus de poids aux producteurs ; une réduction du coût du travail ; la création d’une capacité européenne à aider les producteurs en période de crise.

Crise de l’E-coli : répartition des compensations entre les Etats membres
Au niveau européen, les mesures prévues pour aider les producteurs victimes de la crise de l’E-coli ont été améliorées. Afin de pouvoir honorer la totalité des demandes de compensations, la Commission européenne a décidé le 28 juillet de porter de 210 à 226,2 millions d’euros le montant du fonds d’urgence prévu pour indemniser les producteurs de concombres, tomates, laitues, courgettes et poivrons pour les pertes subies entre le 26 mai et le 30 juin. Ces fonds permettent de compenser à hauteur de 50 % (70 % pour les membres des organisations de producteurs) le prix habituellement obtenu par les producteurs. Les compensations les plus importantes profitent à l’Espagne (70,9 millions d’euros), à la Pologne (46,4 millions), à l’Italie (34,6 millions), aux Pays-Bas 27,2 millions), à l’Allemagne (16 millions), au Portugal (5,2 millions) et à la Grèce (7,7 millions). Les montants sont inférieurs à 5 millions d’euros dans les autres Etats membres, notamment en Belgique (3,6 millions), en Roumanie (3,7 millions), en Bulgarie (2,5 millions), en France (1,6 million) et en Hongrie (1,5 million). Par ailleurs, comme elle l’avait annoncé lors du Conseil agricole de juillet, la Commission a également décidé le 29 juillet de porter l’indemnité de retrait pour les pêches et les nectarines à 26,9 euros par 100 kg, soit environ 10 euros d’augmentation par 100 kg. Cette revalorisation a été appliquée aux produits retirés du marché à partir du 19 juillet. Egalement fin juillet, l’institut de veille sanitaire allemand Robert Kock a annoncé que l’épidémie causée par la bactérie Eceh était terminée et, le 8 août, la Russie a levé les restrictions qui subsistaient sur les importations de légumes européens.

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