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Inondations : le gouvernement mobilisé, les agriculteurs excédés

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En réaction aux inondations qui ont touché plusieurs régions de France, Stéphane Le Foll a assuré « les agriculteurs touchés par ces intempéries de la pleine mobilisation de l’État » dans un communiqué du 1er juin. Le ministère a demandé aux services de l’État de recenser au plus vite les dégâts, alors que les pluies et crues perduraient. Stéphane Le Foll a affirmé que les dommages et pertes de récoltes sur les cultures éligibles aux calamités seraient pris en charge par le Fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA), lequel avait été, dans la loi de finances rectificative 2015, amputé de 255 M€, contre l’avis des agriculteurs. La FNSEA réagissait également le 1er juin, demandant la réunion des membres du FNGRA « dans les meilleurs délais ».

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Le lendemain, Orama (producteurs de grandes cultures) dénonçait « l’extrémisme réglementaire » dont a fait preuve l’État ces dernières années en matière d’entretien des cours d’eau et des fossés. « Interdictions a priori et sanctions démesurées pour le moindre geste ont peu à peu étouffé, au nom d’une vision très intellectuelle de la protection de l’environnement, le réalisme et le pragmatisme des gens de terrain, qui auraient pu atténuer aujourd’hui le débordement des cours d’eau », selon un communiqué. Et Orama de réclamer la mise en œuvre des mesures de clarification et d’assouplissement « partout et sans surinterprétation ». Concernant les dégâts liés à la météo actuelle, l’organisation écarte « des prédictions très alarmistes » sur un plan global, même si elle note des potentiels de rendement affectés par le peu de luminosité et les inondations. L’organisation rappelle que les grandes cultures ne sont pas éligibles aux indemnisations du Fonds national de gestion des risques en agriculture et que les assurances récolte ne peuvent pas couvrir les dégâts en zones classées inondables « alors que les terres agricoles servent de plus en plus de zones d’extension des crues pour préserver les populations ». Également le 2 juin, la Coordination Rurale dénonçait « la responsabilité de l’administration », la mettant en cause sur plusieurs fronts. D’abord sur l’urbanisation grandissante, qui découlerait notamment de la disparition d’exploitations faute de revenus, mais également sur la rigidité de la réglementation quant à l’entretien des fossés.