Commentant l’étude américaine, Christian Huygues, chef de l’unité de recherche prairies et fourragères à l’Inra, a estimé que « le franchissement de la barrière spécifique est inquiétant». D’après lui, il est fortement probable que le transgène ASR368 présent dans l’Agrostis transgénique de Monsanto, migre vers le milieu sauvage. « La production de semences s’étend sur 162 hectares. Ces cultures sont pilotées pour maximiser le flux de pollen. Si à côté on trouve des plantes susceptibles de recevoir ce pollen, il est presque sûr que le transgène va s’y retrouver». Ce passage de la résistance au Roundup dans les mauvaises herbes est d’autant plus génant que l’Agrostis est endémique dans toutes les régions tempérées.
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« Une fois que le gène sera suffisamment diffusé dans le milieu sauvage, il risque de contaminer en retour les cultures non-OGM. Il sera alors très difficile aux Etats-Unis d’exporter des semences garanties sans OGM». D’après lui, compte tenu des faibles quantités de semences d’Agrostis importées des Etats-Unis, il est peu probable que ce transgène vienne contaminer les plantes sauvages en Europe.