Le commissaire européen à la santé Markos Kyprianou a appelé les États membres de l’UE, lors du Conseil agricole du 19 mars, à renforcer la rigueur dans les contrôles sanitaires des denrées alimentaires. Quelques jours auparavant, il s’était dit « peu optimiste » sur un règlement rapide du différend avec la Russie dans le domaine des échanges de produits alimentaires. Le climat avec les Russes s’est tendu. Ces derniers feraient preuve désormais d’une absence manifeste de volonté de coopérer.
En négociations tous azimuts avec la Russie en vue d’écarter la menace d’un embargo sur les denrées alimentaires de la Communauté et à obtenir la levée de celui imposé depuis novembre 2005 sur les produits polonais, la Commission de Bruxelles veut que les inspections en Europe soient « les plus rigoureuses possible », a indiqué Markos Kyprianou, lors du Conseil agricole du 19 mars, à Bruxelles. Le commissaire européen à la santé a appelé les Etats membres de l’UE à renforcer la rigueur des contrôles sanitaires menés par les inspecteurs dans les établissements agroalimentaires.
Car, en faisant preuve d’un zèle de tous les instants depuis plusieurs semaines, les inspecteurs russes sont parvenus à mettre au jour des failles dans l’ensemble du système communautaire de sûreté de la chaîne alimentaire. Une série de manquements constatés notamment en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Pologne, leur a permis de justifier la suspension des importations en provenance de plusieurs entreprises.
Rappel à l’ordre de 12 pays de l’UE
La Commission a adressé par courrier un rappel à l’ordre à 12 pays de l’UE qui, d’une certaine façon, montre aux autorités russes que l’Europe prend en compte les remarques qui lui sont adressées par les pays tiers. Irrités par cette démarche qui intervient « au plus mauvais moment», plusieurs États membres ont demandé à Bruxelles de ne pas tolérer de façon systématique la surenchère de Moscou. L’Europe, ont-ils fait valoir, a un niveau d’exigence en matière de sécurité alimentaire inégalé dans le monde. En aucun cas, elle a à rougir quand des imperfections, le plus souvent mineures, sont décelées, ont-ils indiqué en substance.
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Les Vingt-sept ont toutefois accepté de répondre à la dernière exigence en date des négociateurs russes. Ils vont, dès que possible, leur transmettre les rapports issus des contrôles des résidus de pesticides, de produits vétérinaires et de contaminants dans les denrées alimentaires réalisés en 2006 et leur programme d’inspection pour 2007. Des données brutes, en anglais et non pas en russe, comme cela était réclamé dans un premier temps, seront envoyées dans les prochaines semaines.
Examen de la question dans le contexte de l’OMC
Alors qu’au début du mois de février, le commissaire Markos Kyprianou avait jugé le climat des négociations « favorable», la tendance s’est rapidement inversée. Les discussions se déroulent désormais dans une ambiance « tendue». Les Russes feraient même preuve d’une « absence manifeste de volonté de coopérer », indique un expert proche du dossier.
La Commission, qui redoute toujours les conséquences d’éventuelles négociations bilatérales, veut durcir le ton. Consciente de l’urgence de trouver une issue rapide à l’embargo sur les produits polonais, elle envisage d’ici une dizaine de jours d’avoir une approche plus politique et notamment d’examiner cette question dans le contexte des démarches de la Russie en vue d’adhérer à l’Organisation mondiale du commerce.