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Inra-Irstea : Sud-recherche craint un « institut à deux vitesses »

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La fusion de l’Inra et de l’Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture) nécessite une rallonge budgétaire de l’État de 4,8 M€ annuelle pour gommer les disparités entre les deux instituts, estime le syndicat Sud, majoritaire à l’Irstea. À défaut, le syndicat craint un « institut à deux vitesses ».

« Maintenant que la fusion est décidée, il faut des moyens financiers supplémentaires pérennes pour gommer les disparités. On était en train de crever doucement à l’Irstea », a commenté fin octobre Marie-Bernadette Albert, membre du bureau du syndicat Sud-Recherche-EPST, branche Irstea, quelques jours après l’annonce de la fusion des deux établissements de recherche par leurs ministères de tutelle.

L’une des disparités relevées par le syndicat entre ces deux établissements publics (EPST) est la suivante : les dotations de l’État pour le fonctionnement, allouées aux EPST, varient dans des proportions importantes : selon Sud-Recherche, le CNRS reçoit, en crédits de fonctionnement, l’équivalent de 25 % de sa masse salariale, l’Inra 17,6 %, l’Irstea 8,7 %. Pour le syndicat, ce différentiel « n’a pas à être financé par une baisse des dotations aux unités de l’Inra ou par de nouveaux gels de postes ». « Il n’est pas question que les personnels de l’Inra se serrent la ceinture pour accueillir les réfugiés économiques de l’Irstea », résume Marie-Bernadette Albert. Si tel devait être le cas, « cela ne pourrait que conduire à l’échec du processus de fusion », selon Sud-Recherche.

Globalement, une rallonge annuelle de 2,4 M€ est nécessaire pour que les unités de recherche aient les mêmes dotations, et la même somme s’impose pour relever le niveau des primes du personnel de l’Irstea, selon Sud-Recherche. Soit 4,8 M€ annuels. Cette somme porterait ainsi à près de 781 M€ la subvention annuelle de l’État pour le nouvel établissement. Pour l’instant, la subvention aux deux établissements est de 776 M€. Ce montant supplémentaire de 4,8 M€ annuels « n’a pas été calculé par nous, il a été chiffré par les p.-d.g. des deux établissements ».

La fusion « peut avoir une cohérence scientifique »

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Sans cette convergence, « on risque d’avoir un établissement à deux vitesses, comme entre l’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est ! », a expliqué Marie-Bernadette Albert, ajoutant : "Le problème de la recherche environnementale est qu’elle est financée principalement à travers des conventions de recherche avec des emplois de CDD précaires."

Le syndicat Sud-recherche n’est pas opposé par principe à la fusion. « Nous ne voulons pas être sans cesse le pied sur le frein en disant toujours “non”, mais nous restons vigilants, car la fusion peut aussi être une façon de se débarrasser de l’Irstea », résume Marie-Bernadette Albert. « Le principe de la fusion n’est pas aberrant sur le plan de la recherche, bien que les scientifiques n’aient pas besoin d’être dans le même établissement pour travailler ensemble », a-t-elle évoqué. Sur le plan scientifique, la fusion « peut avoir du sens ».

« Les scientifiques n’ont pas besoin d’être dans le même établissement pour travailler ensemble »