, a déclaré le président de la FNSafer, André Thévenot, le 26 novembre à Lille en clôture du congrès annuelle de l’organisation. Cette installation d’activités non agricoles en milieu rural est « une chance de développement à saisir pour les Safer d’autant qu’elle est dans le droit fil de leur action et est plus souvent complémentaire que concurrente », précise le rapport d’orientation adopté à l’unanimité.
Alors qu’un nouvel espace rural émerge, le congrès de la FNSafer qui s’est déroulé à Lille les 25 et 26 novembre, a été l’occasion souligner la contribution des Safer au développement de la vitalité des territoires. « Depuis 10 ans, de façon continue, 100 000 personnes s’installent chaque année dans le milieu rural », a rappelé Sylvie Le Calvez, présidente du collectif ville-campagne et rédactrice en chef de Village magazine. La population rurale augmente aujourd’hui plus vite que celle des zones urbaines. La loi du 9 juillet 1999 a étendu le champ d’action des Safer. Depuis, elles peuvent contribuer aux politiques d’aménagement et de développement du territoire rural. En 2007, les Safer ont procédé à plus de 200 achats de bien ruraux avant de les rétrocéder à des candidats dont les projets favorisent le dynamisme local. « Les Safer ont un vrai rôle à jouer dans l’installation rurale », a déclaré le président de la FNSafer, André Thévenot, en clôture du congrès. Cette installation d’activités non agricoles en milieu rural est « une chance de développement à saisir pour les Safer d’autant qu’elle est dans le droit fil de leur action et est plus souvent complémentaire que concurrente », précise le rapport d’orientation adopté à l’unanimité. Ce développement nécessite « une approche ouverte sur le milieu rural » et doit passer notamment par « une meilleure connaissance de la demande en adéquation avec les politiques rurales à inventorier », précise le rapport d’orientation.
Au service de la profession
Le président des Jeunes agriculteurs, William Villeneuve, estime qu’ « il ne faudrait pas que les Safer se donnent ce seul rôle pour exister ! Les Safer sont un outil au service de la profession agricole », affirme-t-il. Environ 40 % des rétrocessions réalisées par les Safer vont à l’installation agricole. Un jeune agriculteur qui s’installe sur cinq bénéficie d’une rétrocession. « En moyenne sur la période 1990-2007, plus de la moitié des terres à finalité agricole rétrocédées par les Safer sont destinées à l’installation agricole », précise le rapport d’orientation. En 2007, 1131 premières installations ont été réalisées par l’intermédiaire des Safer.
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« Je crois qu’on ne peut rien faire sans la Safer, je ne sais pas si on peut faire avec ! », lançait en forme de boutade Yves Durand, député-maire de Lomme qui a réussi à « construire dans sa circonscription, un véritable partenariat avec un schéma directeur approuvé par tous ». Michel Baylac, président de la Safer Gascogne Haut Languedoc, se montre résolument optimiste quant à l’outil : « Si on supprime les Safer, il y aura des mails pour les redemander », souligne-t-il. Cela étant dit, un jeune agriculteur du Pas-de-Calais a pointé du doigt le décalage entre le sentiment sur le terrain du rôle des Safer et la manière dont il s’applique. « On a quelquefois l’impression que les Safer sont les bras armés des collectivités pour préempter les terres pour l’urbanisation », témoigne-t-il. Dans ce contexte, William Villeneuve, le président des JA, plaide pour des Safer « cohérentes, pertinentes et transparentes ». « Les Safer ne feront pas tout,explique-t-il. Il faut aussi une volonté politique ». « On a les Safer que l’on mérite », a-t-il conclu.