Abonné

Crise Intempéries : une année sans précédent, selon la MSA

- - 4 min

Le président de la Mutualité sociale agricole n’avait jamais vu ça dans l’histoire de l’institution, a-t-il indiqué le 10 octobre lors d’une conférence de presse : le quotidien des agriculteurs a été particulièrement perturbé en 2013 par des crises économiques, mais aussi, et surtout, « une liste exceptionnelle » d’intempéries.

«C’est impressionnant et vraiment troublant : la liste des intempéries en 2013 est exceptionnelle et inédite dans l’histoire de la MSA, tant elle est longue et les territoires touchés, vastes », a déclaré le 10 octobre Gérard Pelhâte, le président de la Mutualité sociale agricole, lors d’une conférence de presse. Orage, grêle... « Ça fait de grosses perturbations dans l’économie agricole. Mais la perturbation est aussi sociale. Les gens sont déstabilisés et ont besoin réellement d’être écoutés et accompagnés ». En particulier dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, a noté Gérard Pelhâte, où certains exploitants ont tout perdu. La MSA a mis en place des plans d’accompagnement, les délégués de l’institution ont été mobilisés pour pouvoir organiser des groupes de paroles, échanger..., « pour éviter que les gens restent isolés ».
 
Le blocage du gouvernement face aux intempéries
Au-delà du soutien psychologique, la MSA a par ailleurs accompagné les dettes sociales. Le dispositif solidarité de l’organisme, qui n’a pas vocation à redresser les dégâts économiques, dispose de 30 millions d’euros pour notamment prendre en charge les cotisations. « Mais ça ne suffit pas », a poursuivi l’éleveur breton. Le 27 juin, à l’occasion de l’assemblée générale de la MSA, il a ainsi demandé au ministre de l’Agriculture d’être autorisé, exceptionnellement, à mettre dix millions d’euros supplémentaires. Or, « on attend toujours la réponse ». Si Stéphane Le Foll s’est en effet déclaré favorable à la mesure, tout comme le chef de l’Etat que Gérard Pelhâte a rencontré en juillet, c’est du côté des deux autres ministres (Santé et Budget), décisionnaires, que cela coince. « On a des freins très forts, en particulier du Budget. Et je crois que vraiment ces gens-là ne se rendent pas compte ».
 
De nouvelles restrictions attendues pour accompagner les crises agricoles 
Autre source d’inquiétude : en cas de gros dégâts, la MSA réalise des plans de paiement. « En l’absence de récolte, on accorde aux agriculteurs sinistrés des plans de paiement jusqu’à la récolte prochaine ou même sur deux, voire trois ans. Et pour cela, il nous faut des fonds », a indiqué le président de la MSA qui dispose aujourd’hui d’un fonds de solidarité des crises agricoles à hauteur de 120 millions d’euros. Un mécanisme de soutien qui pourrait bien prendre fin en 2014, avec la réforme du mode de financement de la MSA. Faute de réserves propres, ce sera à l’Etat d’autoriser des enveloppes dédiées aux crises. « Or, quand on voit comment ça se passe aujourd’hui pour les dix millions d’euros par ailleurs... On a quelques inquiétudes à avoir pour la suite, quant à convaincre trois ministères pour se faire accompagner, a indiqué Gérard Pelhâte. Nous craignons qu’il y ait des désormais des restrictions pour accompagner nos crises agricoles ». La MSA a mis en alerte le gouvernement qui pour l’heure, ne s’est pas prononcé.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.