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Simplification Interbev interpelle le président de la République

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Des simplifications administratives bientôt effectives et la préservation de l’agriculture dans les accords de libre-échange de l’Europe avec les États-Unis : François Hollande a répondu le 2 octobre à Dominique Langlois, président d’Interbev, dans les allées du Sommet de l’élevage, à Cournon. Reste en suspens la question posée de l’étiquetage. Celle de l’écotaxe est définitive : sa mise en œuvre sera maintenue, a indiqué le chef de l’Etat.

Plus de trois heures de visite. Et un arrêt particulièrement marqué au stand d’Interbev. Durant son parcours au Sommet de l’élevage, le président de la République s’est en effet entretenu plusieurs minutes avec Dominique Langlois, le président de l’interprofession du bétail et des viandes. Tout d’abord sur le choc des simplifications. « Il faut accélérer le mouvement, a demandé l’industriel. On en a besoin ». Un point de vue partagé par le chef de l’Etat. « La France surtranspose les directives européennes. Ça veut dire qu’elle ajoute encore des contraintes qui ne sont pas demandées par l’Europe, tout simplement parce que l’on veut être exemplaire », a déclaré un peu plus tard François Hollande qui veut en finir avec cela, a-t-il ajouté. Dans ce sens, le ministre de l’Agriculture va rendre les dispositifs plus compréhensibles, dans les domaines de l’environnement et de la protection sanitaire notamment. Concrètement, un guichet unique va être créé, les zonages vont être simplifiés, et une stabilité dans la durabilité des applications sera prochainement introduite, a annoncé le chef de l’Etat.
Autre point abordé par Dominique Langlois : l’écotaxe qui « va être très dure pour nous, en viande ». François Hollande a là aussi acquiescé sans, toutefois, y répondre. La mesure sera en effet maintenue : « Je sais bien que ça va être dur, a-t-il reconnu. Mais l’écotaxe, on en a hérité, vous le savez bien. Alors, on a essayé d’améliorer les choses, de ne pas mettre toutes les routes dans le système. Mais... je sais que ça va être dur, notamment pour les Bretons ». La veille, dans un communiqué, le Snia (industrie de la nutrition animale) et Coop de France Pôle animal ont appelé à signer leur pétition pour exempter les filières d’élevage de l’écotaxe. Un document qui sera présenté au gouvernement cet automne. Près de 3 500 signatures ont déjà été recueillies.
 
Négociation Europe-Etats Unis : François Hollande va « préserver l’agriculture »
L’autre sujet qui n’a pas manqué d’interpeller le président de la République, qui reprendra l’anecdote durant son discours de fin de visite : « On veut et on peut exporter. Il faut que vous nous aidiez », a demandé Dominique Langlois au chef de l’Etat. « C’est bien la première fois que j’entendais cela. D’habitude, on me parlait de se replier. Mais vous avez tous compris que nous avons besoin, désormais, de nous mettre à l’échelle mondiale. Et, d’ailleurs, quand ça va mal en France, on est bien content d’envoyer nos bovins en Turquie, au Kazakhstan, ou en Algérie ». Seulement, une telle ambition nécessite une régulation dans le domaine des normes sanitaires, environnementales et des indications protégées, a ajouté François Hollande. Parmi les mesures concrètes envisagées sur ce point : ne pas considérer l’agriculture comme une variable d’ajustement dans les accords de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada ou entre l’Union européenne et les Etats-Unis. « J’ai fait en sorte que la culture puisse être reconnue comme une exception dans la négociation avec les Etats-Unis. Je ferai également tout pour que l’agriculture puisse être préservée dans la négociation, avec les Etats-Unis. Car nos produits ne peuvent pas être abandonnés aux seules règles du marché », a prévenu le président de la République.
Dominique Langlois a refermé son cahier des doléances sur le thème de l’étiquetage. « Ce que l’on veut, c’est : né, élevé, abattu, transformé en France ». Un avis qui a reçu, à nouveau, l’approbation du président de la République déjà happé par d’autres professionnels. La discussion devrait se poursuivre, prochainement, au ministère de l’Agriculture, a convenu Stéphane Le Foll.

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