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Interbev se lance dans la Responsabilité sociétale des organisations

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L’interprofession bétail et viandes a présenté son rapport RSO (responsabilité sociétale des organisations) le 24 février au Salon de l’agriculture. Une démarche qui comprend des engagements à l’horizon 2025 dans plusieurs domaines : environnement, économie et bien-être animal notamment.

C’est une nouvelle étape dans la longue démarche de reconquête de l’image entreprise par la filière bovine : l’interprofession bétail et viandes (Interbev) a présenté, le 24 février au Salon de l’agriculture, son premier rapport RSO (responsabilité sociétale des organisations). Un travail qui vise à « donner une ligne politique à la filière », explique Bruno Dufayet, président de la commission « enjeux sociétaux » d’Interbev.

Ce document présente l’état d’avancement des travaux en cours et comprend plusieurs engagements à l’horizon 2025. Ceux-ci se déclinent en une soixantaine d’indicateurs, classés en quatre axes (environnement, bien-être animal, rémunération des acteurs et alimentation). Certains d’entre eux reprennent des engagements du plan de filière, comme l’objectif de 40 % de Label rouge ou du doublement du bio d’ici 2023.

Objectif de 100 % des élevages diagnostiqués par BoviWell

D’autres objectifs ne faisaient pas partie du plan de filière, comme celui de faire passer un audit de bien-être animal (BoviWell) à tous les élevages bovins viande. 1,1 % d’entre eux ont déjà utilisé cet outil d’évaluation du bien-être, voué à être déployé en 2020. BoviWell a été initialement développé par McDonald’s et son fournisseur de steak haché MoyPark (en partenariat avec la Coopération agricole) et testé auprès de 1 500 éleveurs. Les autres maillons de la filière (transport, abattoirs, centres de rassemblement) devront eux aussi montrer patte blanche en réalisant tous un diagnostic de protection animale.

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Autre objectif, environnemental cette fois : le maintien des surfaces en prairies – et du stock de carbone qui y est présent. Côté économique, Interbev s’est fixé pour but que l’ensemble des élevages spécialisés dégage un résultat courant avant impôt (RCAI) d’au moins deux Smic (35 964 euros). Seuls 10,5 % atteignaient ce niveau en 2018, selon les chiffres du réseau d’information comptable agricole (Rica) du ministère de l’Agriculture. Précision importante : ne pas atteindre ces objectifs signifierait que la démarche interprofessionnelle pourrait perdre son label RSO, alloué par l’Afnor. L’Association française de normalisation évalue en effet régulièrement la démarche. Un gage de sérieux nécessaire aux yeux de l’interprofession, consciente de son image de lobby auprès du grand public. Interbev a par ailleurs créé une plateforme d’initiatives sur son site web, afin de recenser les démarches des opérateurs et de les mettre en avant.

La démarche RSO remonte en réalité à 2014, alors qu’Interbev a commencé à dialoguer avec des ONG environnementales, avant celles de protection animale trois ans plus tard. En 2016, Interbev a lancé son Pacte pour un engagement sociétal. C’est cette démarche qui a été labellisée ISO 26000 en 2018 (niveau « confirmé », soit 3 sur 4). La filière doit désormais rendre un rapport tous les deux ans à l’Afnor. Comme le résume Bruno Dufayet, « quand on met le doigt dans cette logique, on sait quand ça commence, mais on ne sait pas quand ça finit. »

100 % des élevages devront dégager un résultat de deux Smic en 2025, contre 10 % en 2018