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Interfel ménage les intérêts de ses 14 familles

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Chez Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais, on revendique 1,2 des 5 milliards d’euros prévus dans le grand plan d’investissement national. Le plan de filière devrait peu ou prou ressembler aux « 9 engagements » que la filière avait déjà présentés au dernier Salon de l’agriculture et fait signer à tous les candidats à l’élection présidentielle, y compris Emmanuel Macron.

Chacun des neuf engagements de la filière a en corollaire une demande d’engagement des pouvoirs publics. Par exemple, Interfel annonçait dans sa charte s’engager « à poursuivre ses investissements dans la recherche et l’expérimentation, notamment en matière de qualité, de mode de production, et de biocontrôle, à hauteur de 14 millions d’euros par an ». En parallèle, l’interprofession demandait aux pouvoirs publics de « soutenir les investissements ». Interfel s’engageait également à « investir en termes d’information et de promotion sur le soutien à la consommation des fruits et légumes frais en France, avec un investissement annuel pendant 3 ans minimum à hauteur de plus de 2 M€/an ».

Depuis la signature de cette charte par les candidats à la présidentielle, Interfel a poursuivi son travail, notamment sur la contractualisation. Son « guide de bonnes pratiques » devrait permettre de systématiser davantage la contractualisation dans la filière des fruits et légumes frais. Mais cette dernière resterait facultative.

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Pour la Confédération paysanne, le plan de filière qui se dessine est « creux ». « Il n’y a rien sur le redéploiement de la production de fruits et légumes, alors que l’on ne produit aujourd’hui que 50 % de ce que l’on consomme en France », fait remarquer Cécile Muret, secrétaire nationale de la Conf. Elle poursuit : « Ça n’est pas surprenant, dans l’interprofession, il y a le collège des importateurs, et ils n’ont aucun intérêt à ce que l’on augmente la production nationale ». La syndicaliste déplore également le manque d’ambition sur la baisse de l’utilisation des produits phytos. L’idée est évoquée, mais sans objectifs forts et chiffrés, fait-elle remarquer.

Finalement, à trop vouloir ménager la chèvre et le chou, Interfel pourrait accoucher d’un plan de filière peu ambitieux.

Chacun des neuf engagements de la filière a en corollaire une demande d’engagement des pouvoirs publics