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Intermarché presse les laiteries de signer avec les producteurs

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Le distributeur a fait forte impression en s’engageant à ne pas négocier avec les laiteries n’ayant pas contractualisé avec leurs producteurs. Pourtant, sa propre filiale industrielle est toujours en discussion avec son OP.

L’annonce a été largement relayée : Intermarché s’est engagé, le 12 novembre, à ne pas négocier avec les industriels laitiers « tant que ceux-ci n’auront pas trouvé un premier niveau d’accord avec leurs producteurs et fournisseurs ». « L’enseigne appelle les industriels à trouver un accord d’ici le 15 décembre avec leurs fournisseurs afin de pouvoir débuter ensuite les négociations », indique un communiqué. Quelques jours plus tard, Lactalis annonçait avoir signé un accord avec l’Unell, sa principale association d’organisations de producteurs (AOP).

L’initiative d’Intermarché a été saluée par la FNPL (FNSEA), puis par France OP Lait. La FNPL souligne qu’Intermarché est la « première enseigne à prendre un tel engagement ». « Il ne peut en être autrement lorsque l’on parle de construction du prix en marche avant : un accord avec les producteurs puis une négociation avec la grande distribution », poursuit-elle dans un communiqué. « Banco », déclare France OP Lait, qui s’agace qu’il y ait « encore des OP et des producteurs sans contrat malgré la loi Egalim » dans son communiqué.

Toujours en discussion avec l’OP Saint-Père

Pourtant, derrière l’effet d’annonce, le groupement des Mousquetaires n’est pas à jour sur la contractualisation. Sa filiale Agromousquetaires est toujours en discussion avec l’organisation de producteurs (OP) livrant la laiterie Saint-Père (Loire-Atlantique) pour conclure un accord-cadre. « C’est un peu frustrant pour nous, même si le message de Thierry Cotillard va dans le bon sens […] Compte tenu du poids du groupe, ça peut peser pour les éleveurs », explique la vice-présidente de l’OP, Elodie Ricordel, sollicitée par Agra Presse.

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Faute d’accord-cadre, la laiterie Saint-Père a proposé des contrats individuels aux producteurs en décembre 2022. En réaction, l’OP avait demandé une médiation, qui n’a finalement pas eu lieu. Les discussions ont repris. « Nous avons avancé sur une formule de prix que nous testons depuis le mois de juin », précise la vice-présidente de l’OP. « Nous voulons aussi avancer sur la gestion collective des volumes », poursuit-elle. Par ailleurs, l’OP (230 producteurs) a pour projet de s’ouvrir à un second acheteur en commercialisant du lait via la SAS Voie lactée de l’AOP Poplait.

Le 15 novembre, en conférence de presse, Thierry Cotillard a réagi en déclarant que le groupe se donnait un « objectif de signature avant la fin de l’année » avec l’OP Saint-Père. « Nous allons montrer l’exemple avant de demander aux industriels de le faire », a-t-il assuré. Le distributeur précise qu’un accord-cadre existe entre Agromousquetaires et les producteurs fournissant son site de fabrication de fromages à Domessin (Savoie).

« Nous allons montrer l’exemple », assure Thierry Cotillard