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Le score inattendu d’Arnaud Montebourg, chantre de la « démondialisation » aux primaires de la gauche en est une nouvelle manifestation : il existe dans ce pays un courant de plus en plus fort tendant à croire que la solution à nos problèmes se trouve dans un repli nationaliste. C’était l’affaire jusque-là de l’extrême droite jusqu’aux franges de la droite républicaine ; c’est maintenant un courant bien défini de la gauche. Ce nationalisme – économique tout du moins – n’a d’ailleurs jamais été le monopole d’un bord politique gauche ou droite. Avant Montebourg il y avait eu Chevènement.
A l’heure où on annonce une réforme en profondeur de la politique agricole commune, il faut pourtant se rendre compte que la solution à nos problèmes réside dans plus d’Europe et non pas moins, plus d’ouverture sur le monde et pas moins. Les agriculteurs savent à quel point le bilan global de l’Europe et de l’exportation a été, pour eux, positif. Plus encore, on oublie vite ce que la mondialisation a apporté. Le peu de croissance que connaît la planète vient des pays émergents ; le peu de marchés nouveaux et/ou en progression dont commencent à profiter nos exportateurs vient des marchés du sud ; c’est, aussi, cette mondialisation qui donne l’envie et l’énergie à des peuples entiers de se rapprocher vers la démocratie comme on l’a constaté dans les pays arabes.
Certes, cette internationalisation implique des ajustements parfois douloureux dans un pays comme la France. La compétitivité est à ce prix. Elle doit s’accompagner aussi des règles du jeu fermes pour éviter le dumping social ou écologique qui ne profite, in fine à personne. Mais c’est bien par plus d’ouverture et d’échanges qu’on règlera nos problèmes et non par une fermeture de nos frontières.
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