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Interprofession des légumes secs : la filière lentilles se prend en main

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Se rassembler pour mieux progresser ensemble. Tel est le projet de la filière française des légumes secs. Alors que 2016 a été déclarée « année internationale des légumes secs » par l’ONU, l’Association nationale interprofessionnelle des légumes secs (Anils), se dessine peu à peu, avec en tête de convoi, la filière lentilles.

La création en décembre dernier de l’Anils, Association nationale interprofessionnelle des légumes secs, est passée quasiment inaperçue. Le 4 février, cette nouvelle organisation, section de l’interprofession Terres Univia (interprofession des huiles et protéines végétales) organisait une assemblée générale extraordinaire pour finaliser sa composition : 20 membres répartis dans 3 collèges (production, commercialisation et transformation), présidés par François Perrot, producteur de lentilles vertes du Puy. Si l’interprofession a pour vocation d’être ouverte à terme aux filières pois cassés, haricots secs, pois chiches et fèves, c’est d’abord la filière lentilles qui prend les devants. Ainsi, l’Anils ne regroupe pour le moment, en son collège 1, que des producteurs de lentilles. « L’idée, explique François Perrot, c’était de rassembler les différents bassins de production » afin de faire face « aux difficultés techniques que rencontre la filière ».

Car, témoigne François Perrot, la filière lentille souffre d’un gros déficit en matière de recherches technique et variétale, la quasi-totalité des semis étant réalisée avec une seule variété, vieille de 50 ans ! De fait, les lentilles sont particulièrement sensibles à certaines maladies (rouille) ou des ravageurs (bruche).

Une CVO bientôt finalisée ?

Selon plusieurs sources, l’Anils finalise actuellement un dispositif de CVO, financé par les producteurs de lentilles afin de relancer la recherche, mais également promouvoir la filière et ses produits, et « poursuivre une démarche environnementale ». « Dans l’idéal, il faudrait être prêt avant la récolte 2016, vers les mois de juillet et août », explique François Perrot. Le plan CVO 2016-2019, envisagé par l’Anils, mise sur des collectes, par le biais de Terres Univia, de 215 424 € en 2016, 310 662 € en 2017 et 351 054 € en 2018. Cette collecte augmenterait grâce à un développement des surfaces cultivées, de 16 000 ha en 2016 à 20 000 ha en 2018. L’Anils estime même qu’à terme « une surface de 50 000 hectares de lentilles peut […] apparaître comme un défi raisonnablement ambitieux pour la filière française ».

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Relance de la production : des ambitions affichées, des résultats incertains

Relancer la production française de légumineuses paraît être un défi ambitieux. La consommation française a fortement chuté, passant de 7,3 kg par personne et par an en 1920 à 1,4 kg en 1985 ; elle est stable depuis lors. Malgré cela, la production française reste encore insuffisante : environ 70 % de la consommation française sont importés. En 2012, 2 000 agriculteurs produisaient 20 000 tonnes de légumes secs, soit moins de 2 % de la production mondiale.

À l’occasion d’une conférence de presse de la Fédération nationale des légumes secs (transformation) le 3 février, le ministère annonçait vouloir encourager la production de légumes secs car leur culture cadre parfaitement avec le projet agroécologique. Mais si les services du ministère se félicitaient de leurs dispositifs issus de la loi d’avenir ou du plan protéines, François Perrot mettait les choses au clair : non, la production de lentilles (comme les autres légumes secs) n’ouvre pas droit aux aides couplées du plan protéines, ce dernier ciblant avant tout l’alimentation animale.

L’Anils finalise un dispositif de CVO, financé par les producteurs de lentilles afin de relancer la recherche, promouvoir la filière et ses produits, et « poursuivre une démarche environnementale ».