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Commerce international Interrogations sur l’avenir des négociations OMC

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Le sang neuf qui coulera à l’OMC à partir du 1er septembre, avec notamment l’arrivée de Pascal Lamy, permettra-t-il de relancer le cycle de Doha ? Pas sûr, estiment nombre d’observateurs après des mois de juillet et août peu encourageants pour la suite du processus.

Avec la conférence ministérielle de l’OMC en décembre prochain à Hong-Kong en ligne de mire, tous les secteurs agroalimentaires représentés à Bruxelles ont placé en tête de leur agenda, pour les prochains mois, les négociations pour la libéralisation du commerce mondial. Pour autant, la perplexité règne quant aux chances de succès du cycle de Doha. «  Nous avons pris l’habitude d’être prudent », lâche, désabusé, un lobbyiste. Car les derniers pourparlers, durant l’été, n’ont pas laissé entrevoir de grandes avancées. Les Etats-Unis campent sur leurs positions, menaçant, faute d’avancées en décembre de repousser à l’après 2012, la reprise des discussions. De son côté, l’Union européenne estime avoir fait suffisamment de concession et ne cherche donc plus à débloquer la situation.

«  Toutes les parties doivent contribuer à maintenir le train sur les rails, en s’assurant qu’il y ait des avancées sur les trois piliers agricoles — subventions à l’exportation, soutien interne et accès au marché », a défendu Mariann Fischer Boel, à l’issue d’une réunion informelle, le 21 août, en Australie. «  A partir de maintenant, nous avons seulement jusqu’à novembre, soit dix semaines environ, pour faire un énorme effort. J’espère encore que cela est possible », a-t-elle poursuivi.

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Nouvelles têtes

Et les Etats-Unis, fidèles à un jeu déjà bien rôdé, renvoient la balle aux Européens : «  Ceux qui ont les subventions les plus élevées doivent le plus les réduire », fait remarquer le représentant américain au Commerce, Rob Portman. «  Dire que nous ne sommes pas prêts à réformer, alors que notre président a dit qu’il veut éliminer toutes les subventions et a proposé des réformes, est un peu incohérent », ajoute-t-il.

Malgré ce face-à-face, la situation n’est «  pas catastrophique » bien qu’elle soit « décevante », concède le directeur général sortant de l’OMC, Supachai Panitchapkdi. Peut-être le renouvellement des personnalités menant la négociation relancera-t-il le processus ? Car Tim Groser, le président du comité des négociations agricoles, dont la prochaine session devrait s’ouvrir le 26 septembre devrait être remplacé par l’ambassadeur de la Nouvelle-Zélande auprès de l’OMC, Crawford Falconer. De même dès le 1er septembre, le directeur général actuel devait céder sa place au Français Pascal Lamy. L’ancien commissaire européen au commerce a choisi pour le seconder le Chilien Alejandro Jara, la Rwandaise Valentine Rugwabiza ainsi que l’Indien Rufus Yerxa.