Les habitudes d’achats des collectivités, soit un tiers du marché des fruits et légumes en France, vont changer. Alors que jusque-là les collectivités n’avaient pas d’autres critères que le prix, elles introduiront désormais des critères de qualité dans leurs achats de fruits et légumes.
Pour la première fois, la qualité entrera en ligne de compte dans les programmes d’achats de fruits et légumes des collectivités (cantines scolaires, de travail, de maisons de retraite, d’hôpitaux, de prisons).
Deux recommandations conjointes entre l’interprofession Interfel et l’Association de la restauration collective en gestion directe (CCC) ont été présentées le 28 janvier au siège de la DGCCRF à Paris. L’une modifie le mode de passation des marchés publics pour l’achat de fruits et légumes frais, en permettant le pré-référencement des fournisseurs sur une batterie de critères de qualité. L’autre introduit des clauses-types pour l’achat de fruits et légumes frais, qui permettent de formuler pour la première fois les demandes des acheteurs en termes qualitatifs.
Avantage pour les fournisseurs et les acheteurs
Pour les fournisseurs, l’avantage de ces deux recommandations est d’élever la qualité, et donc la satisfaction des consommateurs, et à terme accroître le débouché des fruits et légumes.
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Loin d’être une contrainte pour les collectivités, ces deux recommandations « vont au contraire les aider », selon Jean-Lou Germain, conseiller du président du CCC. En effet, l’absence d’autres critères que le prix posait de nombreux problèmes aux acheteurs eux-mêmes : achetant « du prix », ils avaient des surprises à l’arrivée des produits, a-t-il expliqué, avec des produits qui ne correspondaient finalement pas à la demande.
De même, l’absence de concertation entre les fournisseurs et les acheteurs faisaient que ces derniers demandaient parfois « la lune » : des fraises en hiver, des avocats mûrs en morte saison, etc. Offres et demandes sont invitées à se concerter davantage, et sur des spécifications précises.
En outre, autant le fournisseur est spécialiste des produits qu’il vend, autant l’acheteur est un généraliste qui ne connaît pas un produit plutôt que l’autre, a indiqué Vincent Martinez, directeur des affaires juridiques à la DGCCRF. D’où l’intérêt et la curiosité des représentants des collectivités, visible lors de cette réunion d’information, pour la démarche qualitative, voire pour l’achat de proximité.