« Alors que les effets nuisibles des espèces exotiques sont largement reconnus dans la législation, il y a un besoin urgent de mettre en place des politiques de prévention efficaces à toutes les échelles », lit-on dans une publication de Nature Communications, le 16 février. Quarante-cinq chercheurs (certains issus de l’Inra) de 18 pays ont recensé 44 000 dates de première observation pour 16 000 espèces exotiques introduites sur un continent différent de celui d’origine depuis 200 ans. « 36 % des translocations ont eu lieu au cours des 30 dernières années », concluent les scientifiques. La cause principale est « l’intensification des échanges commerciaux ». Alain Roques, chercheur à l’Inra et contributeur de la publication, explique qu’il faudrait davantage de contrôles sanitaires, donc davantage d’inspecteurs. « Mais il y en a de moins en moins », souligne-t-il.
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Par ailleurs, le chercheur explique qu’il faut pouvoir identifier les espèces nuisibles. Aux États-Unis ou en Europe, la réglementation a établi une liste noire des espèces interdites. Cette stratégie a des limites. « Les espèces natives, lorsqu’elles sont nuisibles, sont autorégulées par d’autres espèces du milieu. Mais si elles sont introduites dans d’autres zones, il n’y a pas forcément cette régulation. » Autrement dit, une espèce peut être totalement inoffensive quelque part et nuisible ailleurs. Difficile alors d’interdire une espèce dont on ne sait pas si elle est nuisible sur son territoire. « Nous faisons des expérimentations en Chine près de Shanghai. Nous avons introduit des chênes pour identifier les potentielles espèces nuisibles susceptibles de s’attaquer aux chênes, si elles étaient introduites en France ». Ensuite, les chercheurs peuvent transmettre leurs résultats aux autorités compétentes pour faire évoluer la réglementation. Dans la publication de Nature Communications, les chercheurs prennent un exemple réussi de politique préventive en Nouvelle-Zélande. Les autorités ont, eux, établi une liste blanche des espèces autorisées.