Prix du lait, taux de participation à la grève du lait, coûts de productions… le dossier de la crise laitière est largement rempli de chiffres en tous genres. Mais il est un chiffre qui concerne toute l’agriculture et qui devrait inquiéter bon nombre de politiques et professionnels. Selon des données du Crédit agricole, les investissements, tant dans l’industrie agroalimentaire que dans les exploitations agricoles elles-mêmes, seraient en réduction de l’ordre de 15 % en 2009. La raison : le manque de visibilité économique. Sur la grande majorité des secteurs agricoles, les prix sont en baisse, les marges s’érodent, la consommation ne reprend pas vraiment. Et personne ne sait quelle sera la politique agricole commune en 2013, c’est-à-dire dans trois ans tout au plus. Certes, les investissements des années récentes ont connu des records. Mais cette baisse est tout de même inquiétante. Car jamais la modernisation n’aura été aussi nécessaire : il faut rester dans la compétition internationale, continuer à se mettre aux normes, investir pour l’environnement sans oublier le bien-être animal, etc. Si on laisse les investissements suivre cette tendance, ce ne sera plus la peine de parler de l’excellence de l’agriculture française.
Le lait – toujours le lait – est un secteur exemplaire à cet égard. Tout le monde sait et dit, en privé, même les syndicalistes les plus radicaux et revendicatifs, que les exploitants sont en fait divisés en trois groupes : un tiers qui s’en sort correctement, un tiers dont la situation est très incertaine vu les prix actuels et un troisième tiers dont la situation a peu de chance de s’améliorer et qui doivent pouvoir décrocher sans casse. Mais les deux premiers tiers ont un urgent besoin de pouvoir investir. Faute de quoi ils rejoindront, demain, le troisième.

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