Un appel lancé par le Commissariat général à l’industrie (CGI) a donné lieu à une sélection de huit projets de mise au point d’aliments fonctionnels, a indiqué le 25 avril Bpifrance, la banque pour l’investissement. Leur point commun : la valeur ajoutée. Les thèmes : la biscuiterie allégée, le raffinage du pois, l’extraction des protéines du soja et du chanvre, les protéines de levures.
Le Commissariat général à l’industrie, qui pilote le Programme d’investissements d’avenir (PIA) du gouvernement, a retenu huit des vingt et un projets candidats sur le thème « produits innovants pour une alimentation sûre, saine et durable - aliments fonctionnels et sur mesure ». Les aliments fonctionnels procurent des éléments nutritifs additionnels aux éléments nutritionnels de base que sont les glucides, lipides, protéines, vitamines et minéraux. Ces éléments additionnels peuvent s’appeler caroténoïdes, alpha-carotène, béta-carotène, lycopène, oméga-3, flavonoïdes.
Ces huit projets candidats représentent 54 millions d’euros (M€) d’investissement en recherche-développement. Cette somme est accompagnée d’une enveloppe de 16 M€ d’aides provenant du PIA.
Les huit projets retenus ont un objectif commun : la mise sur le marché de produits « à forte valeur ajoutée en réponse aux attentes des consommateurs », précise Bpifrance.
Ainsi, parmi les projets lauréats, Econutricake, porté par la société Moulin, à Novillers (Oise) concevra des biscuits, pâtisseries et pains de mie diététiques pour enfants et sujets à risques cardio-métaboliques, moins riches en sucre et matières grasses.
Les levains pour diversifier l’offre de pain
Ces huit projets candidats représentent 54 millions d’euros (M€) d’investissement en recherche-développement
Le projet Life, porté par le leader mondial des levures Lesaffre, mettra au point des levains qui permettront, par la sélection de nouvelles souches de bactéries, de fabriquer une offre de pains de mie, sans gluten, probiotiques, hypocholestérolémiants, à conservation améliorée. Le levain est constitué par une culture symbiotique de levure et de bactéries lactiques se développant dans un mélange de farine et d’eau. Dans ce projet, l’amélioration des procédés de panification par l’utilisation des levains constitue un des axes primordiaux pour diversifier l’offre de pain. Les levures s’alimentent principalement avec des sucres comme le glucose.
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Des protéines de levures en alimentation humaine et animale
Autre projet faisant appel aux levures, « Palomina », porté lui aussi par Lesaffre. Il vise le développement d’une gamme de protéines natives de levure comme nouveaux ingrédients fonctionnels en alimentation humaine et animale. En nutrition animale, ils peuvent remplacer une partie des sources de protéines végétales souvent importées et contribuer à réduire l’impact environnemental de la production de viande, ainsi que contribuer au bien-être et à la santé des animaux. En alimentation humaine spécialisée, ils contribuent à la santé grâce à l’apport nutritif équilibré de la levure, en particulier pour les séniors et les nourrissons, en proposant une source de protéines concentrées à intégrer aux formules. Enfin, en alimentation humaine courante, ils permettent l’amélioration des qualités nutritionnelles et organoleptiques des plats sans protéines animales.
Perspectives de valorisation du sérum de pois
Dans un autre domaine, Hapea Factory, porté par la société Olygose, projette la production d’ingrédients issus du raffinage du pois, qui apporte des perspectives de valorisation du sérum de pois, coproduit liquide faiblement valorisé jusque-là. Le caractère différenciant de ces produits développés est lié à leur origine végétale non OGM, sans lactose, précise Bpifrance.
Signalons aussi Proveg, porté par la société bretonne Triballat Noyal, qui vise la mise au point d’une gamme de protéines végétales issues du soja et du chanvre sans étape d’extraction par solvant.
King Tree, un projet original par la matière première qu’il utilise, l’extrait aqueux de bois de châtaignier, est porté par la société éponyme. Il concerne la création d’une unité de production et de commercialisation d’extrait aqueux de bois de châtaignier français riche en polyphénols, en vue de son utilisation en alimentation-santé animale et humaine. Les tanins de châtaignier ont des propriétés intéressantes en utilisation par la voie digestive. « Ils ont un effet protecteur des protéines présentes dans la ration dont ils permettent une meilleure valorisation par les animaux d’élevage. Ils ont un effet protecteur sur les parois intestinales et sont une aide à la substitution des antibiotiques en élevage », souligne la filiale de la Caisse des Dépôts.