Le premier groupe agricole coopératif français InVivo a réalisé en 2015/2016 un chiffre d’affaires à 6,4 milliards d’euros (+13%), dont plus de la moitié à l’international. S’il est confiant pour l’avenir, le groupe n’a pas caché que la crise des moissons de l’été dernier pèserait l’an prochain sur les comptes.
InVivo « montre toute sa résilience dans une crise sans précédent », a indiqué Philippe Mangin, son président, lors de la présentation à la presse des résultats 2015/2016 (exercice clos le 30 juin). Le premier groupe agricole coopératif français a ainsi annoncé une hausse de 13 % de son chiffre d’affaires à 6,4 milliards d’euros, dont 3,24 milliards à l’international (voir ci-contre). À noter que pour la première fois, l’activité hors de France dépasse celle réalisée sur le territoire national. Une tendance qui devrait se poursuivre au cours des prochaines années, selon le directeur général Thierry Blandinières, qui a également précisé qu'InVivo était « la coopérative mondiale la plus internationalisée en nombre de salariés ». Avec une présence dans 31 pays, le groupe compte 9 200 collaborateurs dans le monde. Une répartition qui tient essentiellement à l’internationalisation de Neovia, la branche nutrition santé animale d’InVivo.
Gearing inchangé
L’Ebitda progresse de 8,9 % à 116,2 millions, après retour aux coopératives de 97 millions d’euros sous forme de ristournes, un niveau « stable » par rapport à l’année précédente, ont précisé les dirigeants. Le bénéfice net s’établit quant à lui à 55 millions d’euros, contre 88 millions d'euros en 2014/2015, un exercice marqué par de nombreux éléments exceptionnels, a souligné le groupe. Côté bilan, la dette nette a augmenté de 20 millions d’euros à 277 millions d’euros, mais le gearing (ratio dette nette sur fonds propres) reste inchangé à 0,4. En janvier dernier, InVivo a renforcé sa structure de bilan en procédant à une opération de refinancement de sa dette sous forme d’un crédit syndiqué de 680 millions d’euros et d’une levée obligataire Euro PP de 120 millions d’euros.
Objectif d'Ebitda revu à la baisse
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Si « InVivo croit en l’avenir et en ses perspectives, autour de trois grands axes majeurs, l’internationalisation, l’innovation et la gouvernance », comme l’a rappelé Philippe Mangin, la crise des moissons de l’été dernier n’est pas sans conséquences. Pour tenir compte de « l’impact de la crise des moissons françaises sur les activités d’InVivo, et plus particulièrement celles d’InVivo Agriculture », indique Maha Fournier, directeur administratif et financier du groupe citée dans le rapport annuel, le groupe a révisé à la baisse son objectif d’Ebitda à l’horizon 2016/2017. Initialement prévu à 130 millions d’euros, celui-ci est maintenant attendu à 118 millions d'euros. Mais à l’horizon de cinq ans, InVivo a toujours pour objectif d’atteindre un Ebitda consolidé de 300 millions d’euros, est-il encore précisé.
Lancé dans un plan ambitieux de transformation numérique, le groupe a par ailleurs publié un livre blanc intitulé InVivo Tech 2020, "notre feuille de route pour les 3 à 5 ans à venir », a indiqué Thierry Blandinières.
InVivo Retail poursuit son expansion
Tout en consolidant ses positions de leader sur la jardinerie, la division InVivo Retail poursuit le développement de son activité alimentaire. Deux ans après son lancement, le concept Frais d’Ici, un réseau de produits directs producteur, est installé. L’enseigne compte deux magasins à Toulouse et à Dijon et un troisième à Auch adossé à un Gamm Vert. Le groupe compte poursuivre les ouvertures et vise « une centaine de magasins adossés et une centaine autonomes » d’ici deux à trois ans, a indiqué Jean-Pierre Dassieu, le directeur du pôle InVivo Retail. Un développement qui pourrait apporter un chiffre d’affaires aditionnel de l’ordre de 600 millions d’euros, selon ce dernier. Déjà sur 2017, « une dizaine d’ouvertures de magasins sont en préparation », a précisé le responsable, avec trois projets autour de Lyon et trois autres autour de Bordeaux. « Le modèle économique fonctionne bien, compte tenu des synergies qui existent entre la jardinerie et l’alimentation », estime ce dernier tout en reconnaissant que faire des produits locaux tout en restant à un niveau de prix proche de celui de la grande distribution « est un challenge compliqué ».