Le groupe coopératif InVivo, qui a publié le 19 décembre un Ebitda en hausse à 133 M€ (+15 %), s’est dit en phase avec ses objectifs de croissance. Une transformation du modèle économique est en route, notamment dans les métiers du pôle Agriculture, le trading.
« Trois ans après » le lancement du plan stratégique 2025 by InVivo, « on est présent au rendez-vous », a déclaré le directeur général Thierry Blandinières. Le groupe poursuit la transformation de son modèle économique.
Bioline by InVivo, dont le lancement est prévu le 20 décembre, est la nouvelle marque ombrelle qui fédère les métiers du pôle Agriculture : les semences, la santé du végétal, l’agriculture digitale, le biocontrôle, l’expertise conseil en agroenvironnement. « Il s’agit de proposer une solution globale à l’agriculteur », selon Thierry Blandinières. Face au défi de la réduction des phytos, InVivo estime qu’« on ne peut pas passer du 100 % chimique au 100 % naturel ». Le groupe mise sur une étape intermédiaire, avec des hybrides entre les deux types de produits. À l’horizon 2020, un chiffre d’affaires de 500 M€ (contre 220 M€) est visé pour l’activité Bioline by InVivo, répartie sur l’Europe et l’Amérique du Sud, à partir du Brésil.
Vers des « flux tirés »
InGrains, qui fonctionne depuis juillet, est présenté comme la première plateforme numérique dédiée à l’exportation de grains. L’intérêt pour InVivo est de « ne plus porter le risque financier » lié au trading, a expliqué Thierry Blandinières, l’activité étant toujours en difficulté. Cette plateforme propose notamment de mutualiser la marchandise des coopératives via les silos portuaires. « Avec InGrains, on passe de flux poussés à des flux tirés », considère Stéphane Bernhard, directeur d’InVivo Trading. Les résultats de l’Union sur cette activité seront redistribués aux coopératives au prorata des volumes apportés à la plateforme.
Neovia, filiale santé et nutrition animale, « a poursuivi sa croissance, avec une douzaine d’acquisitions significatives en France et à l’international », selon Thierry Blandinières, qui espère faire passer le chiffre d’affaires de cette branche à 2,2 Mrd€ à l’horizon 2020. La filiale vin, qui avec les dernières acquisitions réalisées, notamment le distributeur néerlandais Baarsma, représente potentiellement un chiffre d’affaires de 280 M€, doit passer à 500 M€ d’ici 2020, selon lui.
Rentabilité en hausse
InVivo a annoncé le 19 décembre un net recul (-16,3 %) de ses ventes sur son exercice décalé 2016-2017, conséquence de la moisson catastrophique, mais une rentabilité en hausse. Le chiffre d’affaires s’élève, sur l’exercice clos au 30 juin, à 5,5 Mrd€ contre 6,4 Mrd€ l’an dernier, un recul imputable essentiellement à InVivo Trading en recul de 38,9 % à 1,65 Mrd€, qui a subi de plein fouet la chute des volumes liée aux intempéries de 2016. L’activité semences et produits phyto a également pâti de ce contexte difficile, reculant de 3,9 % à 1,51 Mrd€.
À l’inverse, la branche nutrition et santé animales connaît une croissance de ses ventes de 10,8 % à 1,7 Mrd€ et l’activité de la branche Retail (jardineries, distribution alimentaire) croît de 6,1 % à 576 M€. Cette hausse ne tient pas compte du récent rapprochement avec le concurrent Jardiland. Enfin, InVivo Wine croît de 31,1 % à 37 M€ de chiffre d’affaires.
D’une manière globale, la rentabilité du groupe est en hausse, l’Ebitda s’élevant, après distribution des ristournes aux coopératives, à 133 M€ (+15 %). Cette performance s’explique par un « meilleur mix d’activités », selon Thierry Blandinières, soit la montée en puissance d’activités à plus forte valeur ajoutée que les céréales dont les cours sont déprimés depuis plusieurs années. Le résultat net est en recul par rapport à l’an dernier à 34 M€ (contre 55 M), « mais en hausse hors événements exceptionnels » (vente du siège du groupe lors de l’exercice précédent), souligne Thierry Blandinières.
« Proposer une solution globale à l’agriculteur »