Abonné

InVivo : les bénéfices s’envolent grâce à la diversification

- - 5 min

InVivo a annoncé le 15 décembre avoir quintuplé son bénéfice net en 2014-2015, recueillant les fruits d’une stratégie de diversification et d’internationalisation. Tous les métiers y contribuent, de l’agriculture au grand public, en passant par la nutrition et santé animales, auxquels s’ajoute désormais le vin.

Le premier groupe coopératif français dégage un résultat net de 81 Mio d’euros, contre moins de 16 l’année précédente. 97 Mio d’euros de ristournes sont versés aux coopératives (+6,5 %). Quant à l’Ebitda (marge brute d’exploitation), il bondit de 67 % à près de 107 Mio d’euros avec la « bonne performance de tous les métiers ». Dans un contexte de « baisse des prix des matières premières », le chiffre d’affaires reste quasi stable à 5,7 Mrd d’euros, soutenu par des relais de croissance pour chaque pôle d’activité, a déclaré le DG Thierry Blandinières. Cette « performance économique de très bon niveau » vient « crédibiliser notre projet » de doubler de taille en dix ans, a-t-il estimé.

La branche historique Grains voit son chiffre d’affaires reculer à 2,1 Mrd d’euros (-6,1 %), mais les volumes traités sont en hausse, avec 9 Mt de céréales commercialisées, soit 600 000 de plus que l’année précédente. Une partie du blé fourni aux clients venait d’Allemagne et de Pologne, pour compenser le manque de qualité des blés français en 2014, a expliqué Thierry Blandinières. InVivo profite aussi du redressement de son activité Trading, désormais « à l’équilibre » après avoir perdu 15 Mio par an, a souligné le dirigeant. La stratégie a notamment consisté à étendre l’activité sur la planète, avec l’ouverture en janvier d’un bureau à Singapour. Des partenariats ont aussi été conclus avec des coopératives japonaise et argentine.

La centrale d’achat massifiée

Autre métier du même pôle, la centrale d’achat en agrofourniture dégage 1,6 Mrd d’euros de chiffre d’affaires (-2,9 %). « Les phytos sont un gros pourvoyeur de ristournes, avec 55 M d’euros », a signalé Laurent Martel, directeur Agriculture. Pour négocier les meilleures conditions d’achat, InVivo joue sur les volumes. « La massification est un enjeu stratégique pour les coopératives, les adhérents, l’agriculture française », a considéré Thierry Blandinières, pointant la concentration du secteur de l’agrofourniture. Le groupe est partenaire de la structure européenne d’achat Novafield, qui revendique 25 % de l’approvisionnement en phytos et semences dans les cinq pays concernés.

Des changements de management ont eu lieu dans des sociétés en perte sur les exercices précédents, comme Biotop, spécialisée dans le biocontrôle. Surtout, d’autres activités sont venues compenser la morosité du secteur des céréales.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Un développement à l’international qui s’accélère

InVivo est dopé par la réussite du pôle Nutrition et Santé animales (NSA), dont les ventes progressent de 12,7 % à 1,4 Mrd d’euros. Cette branche a diversifié ses revenus « en investissant dans le petfood et l’aquaculture, deux marchés en forte croissance en Amérique latine et en Asie », explique le groupe. InVivo NSA profite notamment du rachat en 2014 de Total Alimentos, troisième fabricant de nourriture pour animaux domestiques du Brésil. Le groupe s’intéresse de très près au Brésil. « C’est le moment d’investir, car leur monnaie baisse, ce qui peut permettre de racheter moins cher des entreprises. […] Beaucoup de PME familiales brésiliennes sont très endettées », a souligné Thierry Blandinières. En plus d’acquisitions, InVivo noue des partenariats, un tout nouveau vient d’être signé en Afrique. « On va se déployer au Nigéria », a glissé Hubert de Roquefeuil, le DG Nutrition et Santé animales.

Création d’un pôle Vin

Le pôle Grand public (jardineries Gamm Vert et supermarchés Frais d’Ici) affiche, lui, une croissance de 2,5 % à 526 M d’euros. InVivo prévoit d’ouvrir de nouveaux supermarchés pilote Frais d’Ici, dédiés aux produits frais et locaux, après ceux inaugurés cette année à Toulouse et Dijon. Le développement de l’enseigne s’oriente désormais vers un couplage avec Gamm Vert. « Une dizaine de projets sont dans les tuyaux, la validation du concept étant programmée fin 2016 », a confié Jean-Pierre Dassieu, directeur Grand Public.

Le groupe table aussi sur sa nouvelle division InVivo Wine (chiffres d’affaires : 340 Mio d’euros), pilotée par Vinadeis, la première coopérative viticole française. Créé en juin, le pôle dédié à l’export de vins français sera intégré aux résultats à partir de 2016. InVivo en espère 500 Mio de chiffre d’affaires d’ici cinq ans.