Bientôt délestée de son activité dans l’alimentation animale incarnée par Neovia, l’union de coopératives InVivo se recentre et se renforce dans l’agriculture, la distribution et le vin. Elle veut aussi être de plus en plus active dans la digitalisation du monde agricole avec le lancement prévu d’une market place au service des agriculteurs. L’amélioration de la rentabilité s’est poursuivie au cours de son dernier exercice 2017/2018, mais la dette continue de progresser. La direction se montre confiante dans la réussite des objectifs de son plan interne et nourrit la réflexion pour les prochaines échéances. Elle a déjà programmé pour l’année prochaine un changement de taille avec l’adoption progressive par les filiales du nouveau statut d’entreprise à mission.
Bientôt délestée de son activité dans l’alimentation animale incarnée par Neovia, l’union de coopératives InVivo se recentre et se renforce dans l’agriculture, la distribution et le vin. Elle veut aussi être de plus en plus active dans la digitalisation du monde agricole avec le lancement prévu d’une market place au service des agriculteurs. L’amélioration de la rentabilité s’est poursuivie au cours de son dernier exercice 2017/2018, mais la dette continue de progresser. La direction se montre confiante dans la réussite des objectifs de son plan interne et nourrit la réflexion pour les prochaines échéances. Elle a déjà programmé pour l’année prochaine un changement de taille avec l’adoption progressive par les filiales du nouveau statut d’entreprise à mission.
L'annonce de la cession de Neovia, la branche de l’union de coopératives dédiée à l’alimentation animale, a sans aucun doute été l’événement marquant du dernier exercice 2017/2018, clos le 30 juin 2018 (Agra Alimentation du 5 juillet). Cette cession au profit de l'américain ADM (dont la finalisation est attendue début 2019), qui a pu surprendre car elle n’était pas prévue, est justifiée par Thierry Blandinières, le directeur général, par son activité à 90% à l’international et une taille critique atteinte. Le lien avec l’agriculture française se trouvait de ce fait distendu, a-t-il expliqué, et c’était aussi l’opportunité d’accélérer le projet de croissance dans les 3 métiers du groupe et la digitalisation. « Nous sommes en train de construire une place de marché dédiée aux fournitures pour les agriculteurs, et qui permettra aussi aux coopératives de commercialiser leurs produits », a expliqué le directeur général qui voit dans ce projet une sorte d’Amazon de l’agriculture française. Un projet qui s’inscrit dans le rôle d’InVivo, créé pour servir les coopératives, qui permet de revaloriser le lien entre l’agriculteur et sa coopérative et qui répond à la nécessité de digitaliser l’agriculture. Ce projet est géré par Digital Factory, une entité d’InVivo, et nécessite un investissement de 50 millions d’euros sur trois ans. La concrétisation est prévue pour l’automne 2019.
« Nous sommes dans la quatrième année de notre plan stratégique qui vise à nous rendre plus ambitieux et plus agiles pour nous diversifier, comme dans le vin, et pour redresser plus vite le compte d’exploitation », a déclaré le directeur général le 18 décembre à l’occasion d’une présentation des comptes 2017/2018. Et de rappeler le chemin parcouru ces dernières années. Si le chiffre d’affaires a légèrement baissé en 2017/2018 à 5,2 milliards d’euros contre 5,5 milliards un an avant, l'Ebitda a continué sa progression (163,2 millions d'euros contre 133,4 millions d'euros), ce qui fait dire à Thierry Blandinières que « la performance économique est en avance sur les projections de notre business plan à 5 ans ».
« En 2013, nous affichions un Ebitda de 33 millions d’euros et lors du dernier exercice nous sommes arrivés à 163 millions d’euros. Notre objectif est d’atteindre les 300 millions d’euros d’ici 2025 », a-t-il ajouté. Dans le même temps, le ratio dette nette/Ebitda était alors de 9, quand il est aujourd’hui de 3. Au cours du dernier exercice, la dette nette est passée de 400 millions d’euros à 511 millions d’euros et le gearing de 0,49 à 0,57.
Grands changements dans la distribution
En dehors de l’abandon de la branche nutrition animale, les autres pôles d’activité ont connu de grands changements. La branche distribution est désormais pilotée par Guillaume Darrasse, ancien directeur généal délégué du Système U. Le pôle est en pleine phase de renforcement avec l’intégration de Jardiland (750 millions d’euros de chiffre d’affaires, 175 magasins), et l’acquisition de la chaîne de distribution spécialisée Bio & Co. Implantée dans le Sud-Est, cet opérateur dispose de 6 magasins et réalise 25 millions d’euros de chiffre d’affaires. Quant à Gamm Vert (1,3 milliard d’euros sur l'exercice passé, 1000 magasins), InVivo est là aussi en phase de structuration : une entité a été spécialement créée pour accueillir les magasins en propre, Gamm Vert Synergies, qui compte 90 magasins. Après les points de vente rachetés à Terrena et Axereal, InVivo va intégrer dans les prochains mois les boutiques reprises à Maïsadour.
Le pôle distribution, qui a réalisé 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires consommateur en 2017/2018, a enregistré une faible rentabilité de l’ordre de 30 millions d’euros. Mais Guillaume Darrasse veut retrouver un leadership sur le marché de la jardinerie par l’innovation en termes de produits, l’alimentation prenant en compte le local et le développement durable et l’animalerie. « L’animalerie pourrait prendre la forme de magasins autonomes » a-t-il déclaré. « Mon objectif est que le retail arrive à 2,7 milliards d’euros de chiffre d'affaires en 2025, et que l’Ebitda soit multiplié par 3 », soulignant qu’il s’agit d’un « défi important ». Guillaume Darrasse estime qu’en 2025, il y aura 150 enseignes Frais d’ici et Bio & Co. Pour parvenir à ces résultats, il faudra davantage rapprocher la jardinerie et l’alimentaire, en accélérant l’ouverture de Frais d’ici ou de Bio & Co dans les jardineries, augmenter la productivité par une meilleure organisation, comme dans les GMS, initier la transformation digitale et mieux couvrir le pays par de nouveaux magasins, quitte à aller à l’international dans un deuxième temps.
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Vin : consolidation du portefeuille
Frédéric Noyère (ex-LVMH) vient quant à lui de prendre la tête d'InVivo Wine. Sa branche a connu des changements importants avec l’acquisition en 2017 des filiales américaine et asiatique de Vinadeis, après celle du néerlandais Baasma Wine et du bordelais Cordier Mestrezat. Le chiffre d’affaires du pôle, qui atteint actuellement 250 millions d’euros, devra croître de façon importante pour atteindre 500 millions d’euros dans 3 ans, puis 1 milliard d’euros en 2025. Ceci en harmonisant les activités, en maîtrisant mieux l’amont, en créant des marques fortes, en étant à l’écoute des consommateurs et en pariant sur le digital. « Sur le marché des grands vins, avec Mestrezat Grands Crus et Armit Wines, nous avons la taille critique, ce qui nous autorise à penser qu’en élargissant notre gamme nous pourrons rejoindre les leaders dont les chiffres d’affaires avoisinent 100 millions d’euros. En distribution, Cordier reste la marque emblématique autour de laquelle nous allons consolider un portefeuille de marques et de châteaux. Sur le métier des services, nous disposons d’un potentiel industriel et des compétences pour développer notre offre en matière de gestion des marques distributeurs », indique Frédéric Noyère.
Même s’il est certainement trop tôt pour s’exprimer sur l’exercice en cours, car il vient de commencer, Guillaume Darrasse a toutefois évoqué les conséquences du mouvement des Gilets jaunes ces dernières semaines. Les magasins situés dans des zones d’activité commerciale ont connu une baisse de leur chiffre d’affaires de 20 points en novembre 2018 par rapport à novembre 2017. Pour les autres, la baisse est plutôt de 5 points environ. « Le chiffre d’affaires n’est pas forcément récupérable plus tard » a-t-il indiqué. Le bilan est aussi humain avec des salariés des magasins saccagés, ou désertés par les clients, à qui il faut redonner l’envie de se mobiliser.
Les filiales d’InVivo vont devenir des entreprises à mission
La loi Pacte ne s’est pas encore concrétisée sous forme de décrets, mais InVivo est déjà partant pour modifier les statuts de ses filiales afin d’en faire des « entreprises à mission ». Ce nouveau statut va être adopté par ses filiales progressivement, en commençant par Bioline Group. « Ce statut permettra aux filiales d’InVivo Group de s’aligner sur celui de l’union, de faire valoir leurs engagements et de faire progresser les valeurs coopératives et mutualistes », explique InVivo. Le groupe a pris de nombreux engagements en matière de RSE ces dernières années comme l’adhésion à Entreprises pour l’Environnement, « association qui regroupe une quarantaine de grandes entreprises qui veulent mieux prendre en compte l’environnement dans leurs décisions stratégiques ».
2018, année de structuration pour Bioline Group
La marque d’InVivo créée fin 2017 a connu une année marquée par une forte progression de son chiffre d’affaires : +60% à 340,6 millions d’euros. En avril 2018, la société dirigée par Laurent Martel a levé 50 millions d’euros ce qui lui donne « les moyens d’investir dans les secteurs stratégiques pour construire cette 3e voie de l’agriculture, se positionner sur de nouveaux territoires de conquête et accélérer son internationalisation » indique InVivo. Bioline possède plusieurs branches : semences, biocontrôle, agrodigital et expertise-conseil.