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Iran : une plateforme d’exportation en demande de savoir-faire

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L’Iran affiche, dans le secteur agricole, de fortes ambitions de développement, rapporte l’institut de l’élevage. En productions animales, le pays est donc plutôt demandeur de savoir-faire que de produits finis. L’économiste Jean-Marc Chaumet précise que le pays ne doit pas seulement intéresser les entreprises françaises pour son marché intérieur, mais également comme plateforme d’exportation régionale.

La levée des sanctions visant l’Iran, à la suite des accords de Vienne de 2015 sur le nucléaire iranien, ouvre de nouvelles opportunités de marché grâce à une croissance économique repartie à la hausse depuis deux ans. Après deux visites en Iran, l’institut de l’élevage proposait, le 10 avril, un retour d’expérience, et présentait les opportunités pour les filières animales françaises.

Ainsi, l’économiste Jean-Marc Chaumet explique que les autorités iraniennes affichent une réelle volonté de développement agricole pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Dans ce cadre, le gouvernement a mis en place des prix minimum pour une vingtaine de productions et de nombreuses subventions (engrais, pesticides, alimentation animale, énergie…). L’État fixe également les taux pour les prêts à l’agriculture. Cette volonté affichée répond également à un objectif d’exportation. En effet, du fait d’une situation géopolitique quelque peu instable, le gouvernement entend asseoir sa position de puissance régionale par le commerce.

Ainsi, pour les entreprises françaises, l’accès au marché iranien est intéressant pour lui-même car il est le 17e pays le plus peuplé du monde grâce à une population de 81 millions d’habitants dont le niveau de vie progresse, mais également en tant que plateforme d’exportation vers ses voisins. En effet, des pays tels que l’Irak, l’Afghanistan, l’Azerbaïdjan ou le Turkménistan peuvent être difficiles d’accès, que cela soit en termes de barrières douanières ou pour des raisons linguistiques, et l’Iran peut servir d’intermédiaire.

Conseil, génétique, identification, équipements

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Aujourd’hui, l’agriculture iranienne est peu compétitive. En effet, elle représente 9 % du PIB pour 16 % des emplois. L’Idele assure qu’après une longue période de sous-investissements, des opportunités s’ouvrent pour les filières françaises pour du conseil et des produits tel que de la génétique, des systèmes d’identification, du matériel divers tant agricole qu’agroalimentaire et des procédés autour des énergies et du biogaz notamment.

L’Iran n’est pas demandeur de produits finis mais bien de technologies et de savoir-faire afin d’atteindre ses objectifs de développement agricole. Des signaux faibles apparaissent également pour des animaux vifs destinés à l’engraissement après la livraison de 300 broutards expédiés depuis la Normandie dans le cadre d’une coopération décentralisée entre régions.

La France a, selon l’institut technique, des atouts à jouer grâce à une bonne réputation auprès des décideurs iraniens, mais des coûts logistiques élevés pourraient affecter les flux commerciaux entre les deux pays notamment pour le commerce d’animaux vifs. Enfin, malgré la levée des sanctions, l’utilisation du dollar par l’Iran est toujours interdite, ce qui pose de sérieux problèmes pour les banques et entreprises françaises évoluant sur les marchés mondiaux.

L’Iran n’est pas demandeur de produits finis mais bien de technologies et de savoir-faire