Dublin a bien joué. S'il passe l'examen devant les députés européens et si l'ensemble du collège formé par Jean-Claude Juncker est approuvé lors de la session parlementaire d'octobre, Phil Hogan deviendra le mois suivant le 11e commissaire à l'agriculture et au développement rural. Un Irlandais, comme lui, avait déjà occupé cette fonction, de 1989 à 1992 : Ray MacSharry, qui avait initié la première grande réforme de la Pac, en l'axant davantage sur le marché. Telle est aussi, sans nul doute, l'orientation du commissaire désigné, surtout par rapport à l'actuel détenteur du poste, le Roumain Dacian Ciolos, qui est plus porté sur le verdissement et le développement rural. Aujourd'hui, après quatre réformes qui ont largement libéralisé la Pac, mettre l'accent sur le marché signifie limiter les entraves réglementaires et administratives à la production et trouver de nouveaux débouchés. Dans cette optique, un Irlandais est parfaitement à sa place. D'ailleurs, dans la « lettre de mission » qu'il lui a adressée, le patron du prochain exécutif européen lui demande de « prêter une attention particulière aux questions liées à la flexibilité des instruments de la Pac » et, « dans les premiers douze mois, de revoir la possibilité de simplifications supplémentaires dans les domaines des paiements directs, en particulier en ce qui concerne le verdissement, de la politique de qualité et pour le régime des fruits et légumes ». De même, un Irlandais ne peut que suivre d'un œil vigilant les multiples négociations de libre-échange menées par l'UE, surtout dans quelques secteurs comme les produits laitiers et la viande bovine. Une Pac dégagée de trop contraintes : telle est a priori la tâche assignée à Phil Hogan, qui, dit-on chez lui, « sait ce qu'il veut et comment obtenir que ce soit fait ».
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