Craignant pour la pérennité de leurs exploitations, 800 irrigants du Marais poitevin et 1 200 du sous-bassin de l’Adour contestent la réduction des volumes de prélèvements d’eau pour l’irrigation, jugés « excessifs » par les tribunaux administratifs.
Huit cents personnes, dont une majorité d’irrigants du Marais poitevin, ont déposé un recours contre la décision, prise par le tribunal administratif de Poitiers le 9 juillet, de réduire les volumes d’eau prélevés pour l’irrigation agricole, passant de 87 millions de mètres cube (Mm3) à 67,6 Mm3, confirme Jean-Marc Renaudeau, président de la chambre interdépartementale d’agriculture Charente-Maritime Deux-Sèvres à Agra Presse le 27 août. Et de s’étonner que les irrigants n’aient pas « été entendus » dans le cadre de cette procédure.
Pour rappel, le tribunal avait annulé l’autorisation unique pluriannuelle (AUPP) délivrée par les services de l’État pour l’ensemble des prélèvements à usage d’irrigation dans les bassins versants du Marais poitevin, prévue jusqu’au 31 mars 2026. Dans son jugement, il avait souligné le « caractère excessif des volumes de prélèvement autorisés » accordés par les préfets de la Charente-Maritime, des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Vienne.
La pérennité des exploitations « en jeu »
« Cette décision […] a été prise dans l’ensemble du territoire, pas seulement là où il y a des réserves de substitution, mais aussi [dans le bocage] où il y a des réserves collinaires », s’étonne Éric Coutant, président de la chambre d’agriculture de Vendée auprès de Ouest-France le 21 août. À ses yeux, la décision a été prise « en dehors de tous les éléments techniques de maintien du milieu ». De son côté, M. Renaudeau estime que « la pérennité de certaines exploitations est en jeu ».
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Dans le même temps, un recours a également été déposé par 1 200 irrigants dans le sous-bassin de l’Adour, avec une audience fixée au 3 septembre. Il intervient alors que le tribunal administratif a enjoint mi-juillet la préfecture des Landes à abaisser les volumes d’eau dont le prélèvement est autorisé pour l’irrigation agricole dans le sous-bassin de l’Adour (arrêté inter-préfectoral du 12 juillet). Dans l’attente de l’édiction d’une nouvelle mesure, les volumes d’eau dont le prélèvement est autorisé par l’administration ont été abaissés forfaitairement de 25 %, précise un communiqué du tribunal le 2 août.
Pour justifier cette baisse, le juge des référés a rappelé « le mauvais état quantitatif et écologique de la majorité des masses d’eau superficielles et souterraines du sous-bassin de l’Adour, dont certaines sont dans une situation déséquilibrée où les volumes prélevés sont supérieurs aux volumes prélevables ». Et d’ajouter qu’en dépit de la pluviométrie importante enregistrée depuis le début de l’année 2024, « il n’est pas établi […] que l’état des masses d’eau, en particulier celui des cours d’eau, se soit amélioré durablement et de manière significative ».