De nouveau les agriculteurs français se trouvent soumis à une spirale de contestation écologiste dont rien de bon ne peut sortir. Rien de bon car cette contestation prend des formes si radicales, si peu ouvertes au dialogue, si diabolisantes, qu'on ne voit pas comment la moindre discussion sereine pourrait en être issue. Le problème avec les écologistes, c'est qu'on ne peut pas discuter avec eux. Quand ils s'opposent à quelque chose, c'est avec violence : arrachages d'OGM, blocages de chantiers notamment. Certes, les agriculteurs ont eux aussi souvent usé de violences. Mais c'était davantage pour obtenir quelque chose que pour bloquer un projet.
Ce n'est pas la première fois que sont utilisés des termes caractérisant le radicalisme religieux à propos des écologistes. Termes plus ou moins heureux. On parle d'ayatollahs, d'intégristes et aujourd'hui, de djihad vert. Qu'il s'agisse d'OGM, de biodiversité, de paysage, de réchauffement climatique, comment discuter avec des personnes qui défendent un dogme, sans d'ailleurs hiérarchiser les objectifs, qui peuvent être contradictoires.
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Dogme qui séduit des citadins, trop peu informés des contraintes économiques et agronomiques de ceux qui les nourrissent. Ne voit-on pas, souvent, des amateurs de foie gras qui s'émeuvent du gavage des volailles ? Ou des acheteurs de viande à bas prix qui s'inquiètent des conditions d'élevage.
Le grand risque alors, pour les agriculteurs, en se défendant bec et ongles, c'est de renforcer leur isolement. Que cela plaise ou non aux paysans français, il faut entendre les reproches des citadins et parmi eux des écolos. Et poursuivre, autant que possible, le dialogue, l'explication. Alors que l'agriculture cherche à mieux s'intégrer dans le pays comme force économique et vecteur de redressement, rien ne serait plus grave que l'isolement. Hervé Plagnol, rédacteur en chef