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Italie : des mesures pour sauver Parmalat

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Un futur plan de redressement prévoyant d’éventuelles cessions des sociétés du groupe Parmalat, des aides financières de Bruxelles aux producteurs de lait victimes de l'insolvabilité de l’industriel : telles sont les mesures annoncées par le gouvernement italien le 23 décembre pour tenter de sauver le premier groupe laitier de la péninsule. Le Commissaire extraordinaire nommé par le gouvernement a décidé le 30 décembre de se constituer partie civile contre son fondateur pour récupérer une partie des fonds détournés. 

Un décret, approuvé le 23 décembre en conseil des ministres, a permis au ministre de l'Industrie, Antonio Marzano, de nommer un « commissaire extraordinaire » aux « pouvoirs immédiats », chargé de prendre le groupe en mains et d'élaborer un plan industriel. Ce « commissaire », Enrico Bondi, 69 ans, spécialiste des missions de redressement difficiles, a pris aussitôt les commandes du groupe spécialisé dans la commercialisation du lait longue conservation dans le monde entier. Il avait rencontré la veille Antonio Marzano pour lui exposer la situation de Parmalat. Enrico Bondi est placé sous la tutelle du ministère de l’Economie, qui devra approuver son plan de redressement et les éventuelles cessions. Le conseil d'administration de Parmalat s'est réuni le 23 décembre et a salué « le grand effort du gouvernement » et les mesures adoptées. Les banques italiennes créditrices du groupe ont également approuvé la décision du gouvernement. L'objectif est d'éviter la faillite du groupe et ses conséquences.

Le 30 décembre, Enrico Bondi a décidé de se constituer partie civile contre le fondateur de l'entreprise, Calisto Tanzi, a indiqué le tribunal de Parme. La décision de se constituer partie civile permettra au groupe de récupérer une partie des fonds détournés, selon l'accusation, par Enrico Tanzi, si ces fonds existent toujours et sont retrouvés.

Dialogue avec Bruxelles

L'autre mesure décidée par le gouvernement italien est une demande aux autorités européennes d'autoriser des aides financières aux producteurs de lait emportés dans la tourmente du groupe. Selon la Confagricultura, les exploitants travaillant avec Parmalat « n'ont pas été réglés depuis 140 jours et sont confrontés à des problèmes de liquidité les contraignant à souscrire des crédits ».

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La Commission européenne doit donner son accord à ces mesures contraires à la concurrence. « Nous invitons le gouvernement (italien) à engager le dialogue avec nous», a déclaré le 23 décembre Tilman Lueder, porte-parole du commissaire européen à la Concurrence Mario Monti.

La crise de Parmalat a pour origine des manipulations comptables frauduleuses. Deux enquêtes ont été ouvertes par les parquets de Milan et de Parme sur plusieurs chefs d'accusation comme faux en bilan et escroquerie.

Parmalat, intallé à Collecchio, près de Parme (nord), emploie 36.000 personnes dans 30 pays, dont près de 4 000 en Italie. Le groupe, qui a déclaré un chiffre d'affaires de 7,5 milliards d'euros l'an dernier, est aujourd'hui insolvable après la découverte d'un trou financier de plus de 10 milliards d’euros.