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J-M Bournigal: «Intéresser la French tech à l'agriculture»

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J-M Bournigal: «Intéresser la French tech à l'agriculture»

Le président de l'Irstea Jean-Marc Bournigal vient de livrer un rapport au ministère de l'Agriculture sur la construction d'un portail de données agricoles, destiné notamment aux start-up. Il nous explique l'intérêt de cette démarche qui doit intéresser petites et grosses entreprises, spécialistes de l'agriculture et non spécialistes:

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Que trouvera-t-on sur le portail ?
L'objectif est de permettre aux entreprises d'avoir accès à des jeux de données publiques et privées. Sur ces portails, des API (interfaces, ndlr) fourniront l'inventaire, le référencement, la recherche et le croisement des données. Les entreprises pourront faire tourner leurs modèles d’outil d’aide à la décision ou imaginer de nouveaux services, de partage, de commercialisation, d’assurance ou de financement.
L’idée, c’est aussi de pousser l’ouverture des données le plus loin possible et le plus rapidement possible pour créer un écosystème d'innovation ouverte dynamique. Si vous voulez faire du big data en agriculture, il faut commencer par regrouper les données et les rendre accessibles.
Où en est la création de ce portail?
Les chiffres sont sur la table (4,8 à 5,4 millions d’euros d’investissement et trois ans de mise en place, ndlr). Nous sommes allés aussi loin que possible dans les propositions en tant qu’institut de recherche. Nous avons proposé une gouvernance, basée sur une mobilisation du monde agricole, afin de maitriser l'utilisation des données des agriculteurs au service de l'ensemble des types d'agriculture. Cela implique maintenant,  pour que ce soit opérationnel, que quelques acteurs investissent, et que derrière eux d’autres partagent leurs données. Il faut un mouvement collectif. Les ministres ont dit qu’ils étaient prêts à jouer le jeu, en mobilisant les moyens financiers existant pour accompagner la mise place du portail et mobiliser les outils de la French tech pour le développement des innovations, mais aussi en ouvrant les données. La balle est dans la main du monde agricole. Chacun est conscient des enjeux, maintenant il faut agir et s’organiser.
A qui est-il destiné?
L’objectif est de développer rapidement les services pour l' agriculture, afin de répondre aux besoins des agriculteurs et de développer un secteur économique prometteur. Il s’agit autant de faire émerger et renforcer des start-up, que de conforter des acteurs historiques, comme Isagri, Smag ou d'autres, mais aussi d’intéresser la French tech à l’agriculture.
Même les gros acteurs comme les coopératives, les éditeurs de logitiel spécialisés, les chambres d'agriculture ont intérêt au partage des données ; ils ont investi dans le traitement des données et ont intérêt à utiliser ces connaissances sur un large panel de données.
Cela sera d'autant plus important qu'il convient d'avoir une ambition européenne voire mondiale, sur ce marché qui reste encore ouvert à ce stade. De plus ce type de portail favorisera développer les start-up, et on a vu ces dernières années que, dans les grandes entreprises, l’innovation externe était plus efficace que l’innovation interne.