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Crise laitière J. -M. Lemétayer : « La grève du lait n’est pas la solution »

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« Il faut arrêter de raconter des histoires aux producteurs de lait ! », a lancé le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, à l’issue de son « premier contact politique » avec le nouveau ministre Bruno Le Maire, le 30 juin. Le leader syndical, éleveur laitier, est toujours opposé à la grève du lait. « Il faut trouver des solutions au niveau européen », a-t-il martelé. Bruno Le Maire a annoncé le 30 juin sur Europe 1 qu’il allait organiser une table ronde entre les producteurs de lait, les distributeurs et les industriels d’ici la fin juillet.

«Je n’emmènerai pas les producteurs dans une grève du lait ». Le message de Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, a le mérite de la constance. Depuis toujours, le leader syndical, éleveur laitier, s’est opposé à ce type de revendication. Selon lui, être solidaire entre producteurs dans ce type d’action n’est pas possible. Et d’un point de vue plus philosophique, il estime que « faire la grève pour moi ce n’est que bosser pour après jeter du lait ou même le donner ! ». Refusant de commenter les réunions locales, initiées par l’association Apli (Association nationale des producteurs de lait indépendants) en faveur d’une grève du lait, il estime que les solutions sont à trouver au niveau européen. Jean-Michel Lemétayer a insisté auprès du ministre sur « la volonté d’engager la discussion sur les outils de gestion des marchés, notamment sur le lait ».
L’axe franco-allemand
Le ministre a indiqué le 30 juin sur l’antenne d’Europe 1 que « la libéralisation totale du marché laitier serait une erreur politique grave ». C’est à ce sujet qu’il a cosigné, avec son homologue allemande Isle Aigner, a rencontrée le 2 juillet, une lettre à la Commission européenne. Le ministre français plaide pour une régulation des marchés par les outils que sont le stockage et l’intervention. « Les relations du ministre avec l’Allemagne sont forcément un plus », a commenté Jean-Michel Lemétayer. « Une orientation commune de la France et de l’Allemagne pèserait lourd pour la politique agricole et son avenir », ajoute-t-il.
Au sujet des quotas laitiers, il faut « arrêter de raconter des histoires aux producteurs de lait », a lancé Jean-Michel Lemétayer. « La décision d’arrêt des quotas laitiers a été prise depuis longtemps. Une grande majorité de pays de l’Union européenne soutient la position de la commissaire à l’Agriculture Mariann Fischer Boel », a-t-il commenté suite aux propos du ministre, expliquant que le combat des quotas laitiers était irréaliste.
Une table ronde laitière
Le 30 juin Bruno Le Maire sur l’antenne d’Europe 1 a estimé qu’il fallait « cesser de répéter que les quotas sont la solution à tous les problèmes ». Le ministre compte « aider les éleveurs au niveau de leur trésorerie » et organiser « une table ronde entre les producteurs de lait, les distributeurs et les industriels » avant la fin juillet. « On peut aller plus loin dans l’exigence morale et républicaine de transparence des prix », a-t-il souligné, annonçant qu’à la fin juillet la répartition des marges dans le secteur laitier serait diffusée sur internet. Le nouveau ministre a aussi fait la proposition d’un label « lait de France » attribué par le ministère de l’Agriculture pour mieux valoriser les produits laitiers français « transformés ou non ».
« Cette crise laitière est extrêmement difficile et le dossier Entremont la pollue encore plus dans ma région […] sous peine de faire exploser l’accord sur le prix du lait », a prévenu Jean-Michel Lemétayer.

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