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Ancien président de Champagne Céréales Jacques de Bohan est décédé

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L’ancien président de Champagne Céréales, Jacques de Bohan, est décédé le 30 avril des suites d’un cancer. La fédération du mouvement coopératif français, Coop de France, a rendu un dernier hommage à « un des plus grands bâtisseurs de la coopération agricole ». Jacques de Bohan, fédérateur et rassembleur, a fondé la première coopérative céréalière d’Europe et des industries agro-alimentaires autour.

Fondateur de Champagne Céréales, Jacques de Bohan est décédé dans la nuit du 29 au 30 avril à l’âge de 71 ans. Il est considéré comme une figure emblématique qui a laissé une forte empreinte sur l’agriculture et l’industrie de sa région. À la nouvelle de sa disparition, Dominique Bussereau a aussitôt diffusé une déclaration où il soulignait la « hauteur de vue, la détermination et le talent» de cette « grande figure du monde agricole ».

Le groupe Champagne Céréales est un des poids lourds de l’agro-alimentaire en France, avec un rayonnement international via Malteurop, une des 88 filiales de Champagne Céréales, troisième malteur mondial. Jacques de Bohan laisse une coopérative en pleine santé. Champagne Céréales compte 9 200 adhérents et 1 500 salariés.

Un homme engagé et de conviction

En décembre dernier, quittant la présidence de Champagne Céréales, avant de la transmettre à Pascal Prost, Jacques de Bohan a confié : « j’ai passé toute ma vie à rassembler». Il a dû beaucoup convaincre pour faire partager sa vision de l’entreprise coopérative, « seule chance pour le monde agricole d’exercer un pouvoir économique face aux grands groupes internationaux».

Décrit à la fois comme visionnaire et pragmatique, il avait déclaré fin 2004 que « pour animer une coopérative, il faut en connaître le fonctionnement de l’intérieur et aller sur le terrain ».

D’abord engagé dans le syndicalisme jeune, Jacques de Bohan a été secrétaire général de la FDSEA de la Marne avant de créer en 1971 la Sica Champagne Viandes, rappelle Coop de France. « Convaincu bien avant les autres de la nécessité pour les agriculteurs de partir à la conquête de la valeur ajoutée de leurs productions et de sécuriser leurs débouchés, Jacques de Bohan a su créer Malteurop, deuxième malteur de l’Europe des 25, Nutrixo premier meunier européen et Champagne Maïs, deuxième semoulier français», selon Coop de France.

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Convaincu, mais aussi convaincant : au niveau national, il a mis toute sa force de conviction au service des nécessaires rapprochements des unions nationales qu’étaient autrefois l’UNCAC (coopératives de céréales du groupe Mac-Mahon, héritier d’une tradition radicale-socialiste) et l’UGCAF (coopératives de céréales du groupe Lafayette, héritier d’une tradition chrétienne-démocrate).

« Visionnaire et rassembleur », il était guidé par deux principes, rappelle Coop de France dans un communiqué publié le 2 mai : « pour faire de grandes choses, il ne faut pas être au-dessus des hommes, mais avec eux » et à destination des agriculteurs : « faisons nos affaires nous-mêmes ».

Une de ses dernières apparition en public : «un homme serein et heureux»

Lors d’une de ses dernières apparition en public, le 9 décembre 2004 à la réunion d’information annuelle de la coopérative, il a annoncé son départ et aussi sa maladie, un cancer du foie Voir AGRA-Presse Hebdo n° 2 985 du 13/12/04, pages 48 et 49..

Il a déclaré alors être « un homme serein et un homme heureux» et fort d’une « certaine réussite professionnelle et familiale ». Concernant Coop de France, il avait déclaré que « Philippe Mangin est le meilleur président possible ». Il avait évoqué trois sujets urgents : OMC, OGM, biocarburants, avant d’ajouter : « le temps presse, avançons ». Déjà en décembre il avait dit de la loi d’orientation agricole qu’elle « manque de souffle ». À ses yeux, les biocarburants étaient pour lui « une bagarre que les paysans doivent gagner contre les grands pétroliers français».