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Boulangerie-Pâtisserie/Stratégie Jacquet-Brossard se donne 5 ans pour doubler son chiffre d’affaires

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Après le rachat de Brossard pour un peu plus de 40 millions d’euros, Limagrain valorise ses marques et vise le marché international, espérant enfin titiller les deux leaders de la boulangerie industrielle: Harry’s et Pasquier.

Valorisation des marques, nouveau segment, retour dans les grandes surfaces Leclerc, les leviers de développement envisagés par Jacquet-Brossard sont nombreux. Néanmoins, le plus important demeure les perspectives à l’international où Jacquet-Brossard veut au moins tripler ses ventes d’ici à cinq ans. « Jacquet est une société assez franco-française, qui ne peut que progresser à l’international », explique Emmanuel Aimond, directeur général de la branche boulangerie-pâtisserie (ancien DG de Jacquet). A l’heure actuelle, 19% du chiffre d’affaires de Jacquet sont réalisés à l’étranger (et rien pour Brossard). Plus globalement, alors que sur l’exercice 2011 (arrêté au mois de juin), le chiffre d’affaires s’élève à 252 millions d’euros (Jacquet : 184 millions, Brossard : 68 millions), l’objectif de la nouvelle entité est de devenir un des leaders de la boulangerie industrielle en doublant son CA à « 500 millions d’euros à l’horizon 5 ans. Avec une part de 20 à 30% de chiffre d’affaires réalisée à l’international », annonce Daniel Chéron, directeur général de Limagrain. Pays européens, Amérique du Nord sont autant de marchés envisagés, mais pour Daniel Chéron, « l’avenir se trouve avant tout dans les pays émergents, ce sont les marchés de demain ». Un objectif qui ne devrait pas passer par la croissance externe, explique le DG de Limagrain : «Nous allons plutôt consolider un certain nombre de produits de la gamme française et les positionner à l’étranger. Notre développement à l’international peut passer par la construction de nouvelles lignes de production. Il n’y a pas de volonté farouche d’acquisition dans cette dynamique d’évolution à l’international, même si nous n’écarterons aucune opportunité ».

Un marché intérieur à exploiter

Jacquet-Brossard espère également accroître son activité en s’appuyant sur un secteur national en pleine croissance. « La boulangerie industrielle ne connaît pas la crise. C’est une tendance sociétale, on a de moins en moins de temps pour aller à la boulangerie, raison pour laquelle on achète de plus en plus son pain en grande surface », rappelle Emmanuel Aimond. Le lancement de nouveaux produits a en effet déjà permis à la marque de Brossard de renouer avec les bénéfices. En effet, après avoir essuyé un repli de -5,8 % de ses ventes en France en 2009, celles-ci ont rebondi de +3,3% en 2010, pour tout de même ralentir à +0,9 % en 2011. C’est dans cette optique de valorisation de la marque que Jacquet lançait cette année le PainGril et le Pain Brasserie Burger, tandis que Brossard visait le marché adulte avec ses « bons gâteaux de Papy Brossard ». Dernière perspective évoquée : le retour des produits Brossard dans les magasins Leclerc alors qu’ils étaient totalement absents des rayons du distributeur français depuis 2007. Les raisons de ce retrait semblent venir d’une « mésentente » avec l’ancien p.-d.g. de la firme Guy Schumacher, et Emmanuel Aimond espère un retour en magasin d’ici quelques mois. Et le potentiel de chiffre d’affaires estimé d’une remise en rayon n’est pas à négliger : 12 millions d’euros selon le DG de la branche Boulangerie-Pâtisserie.