L’attente des consommateurs pour des produits non seulement biologiques mais aussi locaux et pourvoyeurs d’emploi en France conduit Jardin Bio, première marque bio en France, à modifier son nom et prendre de nouveaux engagements.
Le marché des produits biologiques continue de se segmenter. Le dernier exemple en date est celui de Jardin Bio, principale marque biologique en grande distribution, qui change de nom et devient Jardin Bio Etic. 82 % des Français pensent que tous les produits bios ne se valent pas, rappelle l’entreprise, et ce sentiment se maintient dans l’opinion y compris à l’heure de la crise du Covid-19.
« L’enjeu consiste à faire savoir ce que nous faisons déjà et à prendre de nouveaux engagements pour 2025 », explique Charles Kloboukoff, patron de Léa Compagnie Biodiversité, la maison mère de Jardin Bio Etic (qui possède aussi la marque de cosmétiques So Bio Etic). L’entreprise est ainsi la première ETI française à avoir modifié ses statuts pour devenir une entreprise à mission en octobre 2019, 20 % de son offre est certifiée commerce équitable, les produits d’épicerie sont débarrassés des additifs controversés et des nanoparticules et 70 % de l’offre affiche un Nutri-Score A ou B. Et aucun produit ne contient de l’huile de palme. Pour aller plus loin, Jardin Bio Etic se fixe des objectifs pour les 5 prochaines années : doubler la part des produits issus du commerce équitable et faire en sorte que 80 % des produits soient fabriqués en France. La marque s’appuie sur le cahier des charges Origine France Garantie : en 2021, elle devrait être la première marque alimentaire avec 50 références qui porteront le label, surtout des tartines, des desserts et des boissons chaudes. 100 références sont prévues pour 2022.
Innovations décalées et moins nombreuses
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Lors du confinement, les usines du groupe ont fonctionné à environ 80 % de leurs capacités à cause de l’absentéisme (entre 5 % et 20 % de l’effectif). « Nous nous sommes organisés mais notre taux de service a pu tomber à 92 % » explique Charles Kloboukoff. « Certains produits peu transformés comme les sauces tomate, les coulis, le jus de citron, l’huile d’olive ou les pâtes ont très bien marché, tandis que les jus de fruits, les boissons, le traiteur et les produits festifs ont stagné », poursuit-il. Au total, l’épicerie a connu une croissance de 20 %, mais les variations selon les produits ont oscillé entre -15 % et +80 %. Le confinement a aussi des conséquences sur les innovations. Beaucoup de laboratoires étant fermés, certaines étapes de validation des nouveaux produits ont été décalées. Du coup, les innovations 2020 seront moins nombreuses que ce qui était prévu initialement.
Les prévisions de Léa Compagnie Biodiversité pour 2020 font état d’un chiffre d’affaires supérieur à 500 millions d’euros, dont 73 % en alimentaire, en hausse de 11 % par rapport à 2019. Jardin Bio est la première marque du groupe (212 millions d’euros de ventes sorties caisses, 150 millions d’euros de facturation) présente sur les produits d’épicerie, les boissons et le traiteur frais. La crise actuelle ne semble pas freiner la croissance externe du groupe, qui a acquis des entreprises en France et dans les pays limitrophes ces dernières années. « Quelques dossiers sont actuellement à l’étude depuis quelques mois », explique Charles Kloboukoff. Deux opérations sont envisageables d’ici la fin de l’année 2020, même si rien n’est signé, s’est contenté d’indiquer le PDG de Léa Compagnie Biodiversité.