Dans le sujet « sensible » du dialogue social, Jean-Michel Lemétayer a profité du colloque sur l’emploi organisé le 8 avril par son syndicat pour réitérer sa demande d’une « reconnaissance du dialogue social agricole ». À ce titre, la réforme de la formation professionnelle continue a du mal à passer. La FNSEA n’a pas participé aux négociations. Et l’accord national du 7 janviers 2009 doit naturellement s’appliquer à l’agriculture.
L’accord national interprofessionnel (Ani) sur le développement de la formation professionnelle continue risque de remettre en cause le système agricole. « Cet accord du 7 janvier 2009 est censé s’appliquer à l’agriculture », a commenté Claude Cochonneau, président de la commission économie de la FNSEA, le 8 avril, lors du colloque sur l’emploi organisé par son syndicat. Pourtant la FNSEA n’a pas eu accès au tour de table. Celui-ci a eu lieu dans le cadre de l’interprofession des syndicats représentant les employeurs, composée du Medef (Mouvement des entreprises de France et principal syndicat patronal de France), à l’artisanat (UPA) et à la CGPME (Fédération des PME). La FNSEA est attachée au système de formation continue mis en place par les partenaires sociaux agricoles dans un dispositif hors champ interprofessionnel. L’organisme paritaire collecteur agréé pour la branche agricole est le Fafsea. La collecte et la gestion du CIF (congé individuel de formation) sont confiées au Fafsea et l’appel des contributions aux caisses de MSA.
Formation : garder la tutelle de l’agriculture
L’accord du 7 janvier 2009 prévoit la création d’un nouveau fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels. Le président de la FNSEA se disait le 2 avril lors de son discours de clôture au congrès de son syndicat « prêt à y participer ». « Mais être figé dans un fonds interprofessionnel sans droit de parole, il n’en est pas question ! », avait -il lancé.
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Pour Jean-Michel Lemétayer, « ce dossier doit être gardé sous tutelle du ministère de l’Agriculture ». En clair, le président de la FNSEA accuse le gouvernement d’avoir « donné la prééminence au Medef, à l’UPA et à la CGPME ». En effet, la négociation nationale interprofessionnelle regroupe seulement ces trois syndicats. Et la FNSEA, qui n’est pas dans l’interprofession concernée, souhaiterait être « prise en considération en amont des décisions et des projets de loi », explique son président. « Je n’accepterai jamais d’être représenté par Laurence Parisot, Jean-François Roubaud ou Pierre Martin », a déclaré Jean-Michel Lemétayer le 8 avril. « On a des choses à dire, des choses qui nous sont particulières », ajoute le leader de la FNSEA.
Pas de leçon à recevoir
Lors de son discours de clôture du congrès de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer avait plaidé pour « la reconnaissance de l’autonomie du dialogue social agricole ». Le 8 avril, le président de la FNSEA a enfoncé le clou : « Nous n’avons pas de leçon à recevoir des autres secteurs ». « Nous avons signé en 2008 un accord qui donne, à tous les salariés agricoles, une couverture prévoyance et une complémentaire santé », a-t-il rappelé le 8 avril. « Si on avait été noyés dans la masse des autres syndicats d’employeurs, on n’aurait jamais abouti à un tel accord », souligne-t-il. Sans oublier l’accord sur les conditions de travail et de pénibilité. Si nous n’obtenons pas gain de cause sur cette question de reconnaissance du dialogue social agricole, alors « je devrai revendiquer notre participation dans l’interprofession », a-t-il conclu. Pour l’heure, il devait rencontrer Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi sur le sujet de la formation professionnelle.