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Prix du lait Jean Bizet : « Cette crise est une crise de la demande »

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Le sénateur UMP de la Manche, Jean Bizet, a présenté le 23 juin à la commission des affaires européennes du Sénat un rapport sur le prix du lait dans les États de l’Union européenne. « Depuis six mois, le marché est orienté dans un mouvement de baisse drastique ». La crise laitière, vécue de « manière plus ou moins aiguë par les Etats membres, est une crise de la demande », souligne le rapport. Cette crise ne remet pas pour autant en cause la fin des quotas en 2015, assure le sénateur.

«La crise laitière que vit la France depuis quelques mois est européenne. (…) Cette crise est une crise de la demande et non de l’offre », a analysé le sénateur UMP Jean Bizet, auteur d’un rapport d’information sur « le prix du lait dans les États membres de l’Union européenne ». Un rapport qui tord le cou à un certain nombre d’idées reçues. Ce n’est pas une crise de la surproduction, affirme le sénateur. « De nombreux pays, dont la France, n’ont même pas atteint leur propre quota ». Par contre, la « demande s’est effondrée, conséquence de la baisse du pouvoir d’achat liée à la crise économique et financière mondiale ». Pour Jean Bizet, la dernière réforme de l’OCM laitière a laissé « le marché fixer le prix, avec un mécanisme de régulation moins lisible politiquement, bien que réellement présent ». Ce qui est certain est que cette « volatilité des prix va malheureusement devenir une réalité incontournable avec la disparation des quotas en 2015 », souligne l’auteur. Pour Jean Bizet, il est « illusoire d’imaginer d’une majorité des États membres reviendra sur l’abandon de la politique des quotas ». Ainsi l’Allemagne au travers « d’une réunion des länder le 29 mai n’est pas revenu sur cette décision ».
La grande distribution : partenaire ?
Le sénateur plaide pour la substitution « des contrats privés régionaux » dans lesquels « l’État aurait un regard attentif » « au contrat moral public » que représentaient les quotas à . Un regard qui se matérialiserait par « une architecture type » des contrats. Pourquoi ne pas y associer la grande distribution ?; s’interroge le sénateur. « Il n’y aurait pas de marges nettes irresponsables sur le lait liquide », souligne le rapport. La question se pose plus nettement pour les produits à valeur ajoutée « puisqu’on peut estimer que les marges prises par les distributeurs sont alors supérieures aux prix payés aux producteurs ». Cette nouvelle relation à construire entre les producteurs et les transformateurs ne peut faire abstraction de deux autres paramètres : le partage de la valeur ajoutée tout au long de la filière et la restructuration de certaines entreprises laitières « pour orienter leur fabrication vers plus de valeur ajoutée ».

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