En dépit de pertes de 5 à 6 millions d’euros par an, Jean Caby (43 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016) investit dans une usine neuve et parie sur le lancement de nouveaux produits, qualitatifs et ancrés dans les traditions régionales.
La nouvelle usine de Jean Caby, à Comines (Nord), ville frontière avec la Belgique, va voir le jour dans un an. « Nous avons obtenu un financement sous forme de prêts pour un montant de 20 millions d’euros », explique Eric Steiner, le p.-d.g. de l’entreprise. Plusieurs partenaires se sont mobilisés, parmi lesquels deux banques qui ont apporté la moitié du total : la Caisse d’Epargne Hauts de France, arrangeur et agent de la dette bancaire, et le Crédit Agricole Nord de France. Parmi les financeurs, on trouve aussi « un investisseur privé et le fonds Predirec Leasing créé par Acofi Gestion et Chetwode », note la société.
Les 20 millions d’euros représentent environ la moitié du coût total du projet qui intègre l’achat du terrain, la construction, les équipements, le déménagement depuis l’ancien site urbain de Saint-André-lez-Lille, et la formation. « Le nouveau site industriel sera beaucoup plus moderne, plus économique et plus flexible », précise Eric Steiner. « Sa capacité pourra même être augmentée, en agrandissant les bâtiments et en ajoutant des lignes de production », poursuit le p.-d.g. L’usine couvrira dans un premier temps 10 000 m2, avec la possibilité d’aller jusqu’à 15 000 m2. Pour la production, Eric Steiner prévoit une montée en charge progressive permettant d’atteindre, fin 2018, 15 000 tonnes de produits finis.
Jean Caby mise sur un marché de la saucisse à fort potentiel
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L’usine de Comines va permettre de lancer de nouveaux produits, toujours dans l’univers de la saucisse. « Le marché français de la saucisse a beaucoup de potentiel et il est en train de monter en gamme depuis ces dernières années, à l’image de ce qu’on voit pour le boudin », estime Eric Steiner. Jean Caby compte s’inscrire dans cette tendance pour proposer des produits particulièrement qualitatifs et ancrés dans les traditions régionales, porteur par exemple de labels.
Jean Caby va aussi œuvrer à favoriser de nouveaux moments de consommations des produits au cours de l’année. « Outre la fin d’année, et la période de Pâques, deux temps forts, nous cherchons à développer la consommation en été », prévoit Eric Steiner.
Ces nouveaux produits vont surtout permettre à Jean Caby d’améliorer ses résultats. La société détenue par Foxlease Food, le fonds américain de la famille Steiner, n’est pas en grande forme. Selon son p.-d.g., les pertes sont de 5 à 6 millions d’euros par an, mais les ventes sont en progression. En 2016, elles étaient en hausse de 10% pour atteindre les 43 millions d’euros, à 80% réalisées en grande distribution.