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Perspectives Jean-Claude Juncker plaide pour une politique agricole simplifiée et modernisée

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« Simplification et modernisation de la Pac seront les maîtres mots et l’objectif premier de la communication que la Commission européenne devrait adopter dans le courant de l’année 2017 sur l’avenir de la Politique agricole commune post-2020 ». C’est ce qu’a annoncé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à l’occasion du coup d’envoi des deux jours de la conférence annuelle (6 et 7 décembre) organisée par la DG Agri sur les perspectives du secteur agricole.

Devant plus de 400 représentants et acteurs des marchés agricoles participant aux deux jours de la conférence annuelle sur « les perspectives du secteur agricole », le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a précisé que la première étape sera celle d’une consultation publique, lancée au début de l’année 2017. Une étape qui permettra à tout un chacun « de contribuer au débat sur l’orientation que devrait prendre à l’avenir cette politique stratégique d’une importance capitale qu’est la future Pac ». Le deuxième jour de la conférence devait se concentrer sur les perspectives à dix ans des marchés des produits laitiers, de la viande et des céréales. Dans son intervention, Jean-Claude Juncker a rappelé que la Pac a été la première politique commune de l’UE et que jusqu’en 1964 l’Europe n’était pas encore autosuffisante sur le plan alimentaire. « Un pays, un continent qui ne peut pas s’auto-alimenter, d’un point de vue géostratégique est un pays, voire un continent, en voie de perdition parce que dépendant de la volonté des autres. Moi je ne veux pas d’une Europe qui dépende de la volonté des autres », a souligné le président luxembourgeois. Il a rendu hommage au monde de l’agriculture en affirmant que « sans les producteurs agricoles, notre mode et notre qualité de vie ne seraient pas ce qu’ils sont aujourd’hui ». Selon lui, la Politique agricole commune respecte et contribue pleinement aux objectifs majeurs de l’UE. D’abord en protégeant les 22 millions d’agriculteurs et les 44 millions d’emplois qui dépendent directement et indirectement de l’agriculture. « 44 millions, c’est deux fois plus que le nombre de personnes employées dans les secteurs d’avenir européens de l’automobile et de l’aviation réunis », a précisé Jean-Claude Juncker. Ensuite, la Pac donne les moyens de préserver un mode de vie européen qui contribue à la création d’emplois, à la croissance et aux investissements, ainsi qu’au dynamisme des communautés rurales dans chaque pays de l’UE. Et enfin, a indiqué le président de la Commission, la Pac dans de l’Union européenne, assume pleinement ses responsabilités en matière de solidarité, comme en témoigne, a-t-il rappelé, « la récente mobilisation d’une aide supplémentaire de plus d'un milliard d’euros octroyée à des agriculteurs aux prises avec de grandes difficultés, notamment dans le secteur laitier ». Selon lui, « cette politique doit être maintenue quant à ses principes directeurs. Elle doit évidemment pouvoir être ajustée ou complétée lorsque nous constatons des failles ». Faisant référence à la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire, il a indiqué « qu’il ne peut se résoudre à l’idée que le prix du lait puisse être inférieur à celui de l’eau. Nous disposons désormais du rapport présenté en novembre par la task force sur les marchés agricoles et nous sommes en train d’analyser les recommandations qui furent émises et j’ai demandé au commissaire à l’agriculture, Phil Hogan, de voir quel enseignement nous pouvons en tirer pour la filière agricole qu’il faut continuer à soutenir ».

Alléger la charge administrative

Entrant un peu plus dans le détail, le président Juncker a indiqué que si la Politique agricole commune est une politique européenne à la fois fondamentale et indispensable, celle-ci doit être simplifiée pour alléger la charge administrative qui pèse sur les agriculteurs et qui doit être modernisée pour relever les défis du XXIe siècle, tout en répondant à nos objectifs de développement durable. "La simplification de la Politique agricole commune, est la première mission que j’ai assignée au commissaire Hogan lors de notre prise de fonction en 2014. Nous connaissons la charge administrative qui pèse sur vous, et souvent de manière beaucoup trop lourde. Son allégement a constitué une priorité ces deux dernières années et elle sera poursuivie. Simplification et modernisation sont dès lors les maîtres mots et l’objectif premier de la communication que la Commission prévoit d’adopter avant la fin de l’année 2017 », a-t-il souligné. La première étape sera celle d’une consultation publique qui sera lancée au début de 2017, laquelle permettra à chacun des acteurs de la chaîne d’approvisionnement alimentaire de contribuer au débat « sur l’orientation que devrait prendre à l’avenir cette politique stratégique d’une importance capitale ».

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130 milliards d'euros d’exportations agricoles

Selon Jean-Claude Juncker, avec une valeur de près de 11,5 milliards d’euros, les exportations de produits agricoles et alimentaires de l’Union européenne ont atteint un niveau record en septembre 2016. La valeur totale des exportations agricoles et alimentaires de l’UE atteindra cette année environ 130 milliards d’euros, contre moins de 90 milliards d’euros il y a seulement six ans. « Si nous gardons à l’esprit que toute exportation supplémentaire d’un milliard d’euros génère quelque 14 000 emplois dans l’économie mondiale, nous voyons à quel point la contribution de l’industrie agroalimentaire compte dans la balance du commerce mondial de l’Union européenne. Le secteur agroalimentaire est un élément clé pour aider à réaliser la première priorité de la Commission, qui est de créer des emplois et de la croissance, ainsi que pour définir de nouvelles impulsions d’investissement », a souligné Jean-Claude Juncker À cet égard, il a rappelé les retombées potentielles du récent voyage du commissaire Phil Hogan, au Vietnam et en Indonésie, où ce dernier a pu déceler de grandes possibilités d’exploiter des marchés nouveaux et émergents. « L’Indonésie et le Vietnam, 340 millions de consommateurs, qui sont deux grands marchés qui ne sont autonomes qu’à hauteur de 25 % offrent des opportunités prometteuses en ce qui concerne par exemple les produits laitiers », a indiqué le président Juncker. Dans sa conclusion, celui-ci s’est dit convaincu que « le monde agricole arrivera à surmonter ses défis et que de plus en plus de gens se rendront compte que l’agriculture et l’industrie alimentaire seront une identité déterminante pour l’Europe de demain ».