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Viande de porc/Investissement Jean Floc’h, comme les autres abatteurs, investit en aval

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En dépit de la crise mondiale qui frappe l’industrie des viandes, certains opérateurs continuent d’investir dans l’aval pour capter de la valeur ajoutée. Exemple avec Jean Floc’h en Bretagne.

L’industriel privé de la viande de porc Jean Floc’h (entre 450 et 500 millions d’euros de CA pour 1600 salariés) va investir sur 2009, entre 8 et 9 millions d’euros dont 5 dans une de ses 10 usines, celle de Jean Floc’h Surgélation (Guénin, Morbihan). L’outil dédié aux viandes élaborées et aux produits de charcuterie surgelés se verra dotée de capacités nouvelles « pour accroître les positions de l’entreprise dans les produits transformés », dit sans plus de précisions le président du groupe basé à Locminé (Morbihan), Michel Boulaire.
La crise mondiale éprouve durement les industriels de la viande porcine, depuis le début de l’exercice 2009. Qu’ils soient Bretons ou Américains, Espagnols ou Brésilens. La contraction de la demande mondiale a fait chuter les exportations au départ des grands bassins mondiaux. « De janvier à août 2009, explique l’institut de filière (IFIP), dans le Baromètre Porc de novembre, les Etats-Unis, le Canada et l’UE à 27 ont, au total, exporté 24 % de viandes fraîches en moins sur le marché mondial que l’année précédente. »

L’année la plus catastrophique en amont
Conséquence : la « renationalisation » d’importants volumes habituellement exportés a tiré vers le bas le prix des produits sur leurs marchés domestiques. Jamais l’abattage de porcs en France n’a connu début d’année aussi catastophique, de l’aveu même d’un industriel porcin breton. Et jamais ce secteur a engendré d’aussi faibles marges. Les industriels misent donc tout sur la transformation, car c’est le maillon de la filière où se situe une bonne partie de la valeur ajoutée. Depuis l’été en Bretagne, on a vu les principaux opérateurs de la viande de porc investir, malgré la crise.
Le leader français, Cooperl Arc Atlantique (Côtes d’Armor) a signé durant l’été le rachat de Brocéliande, branche « salaisons » du groupe coopératif Unicopa. Gad (Finistère) a également annoncé des investissements. Le groupe Jean Floc’h s’est depuis longtemps engagé dans cette politique, en investissant en masse, entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, dans la transformation sous toutes ses formes : viandes fraîches et surgelées, conserves et charcuterie crue et cuite.
Aussi, renforcer son usine de surgélation à Guénin ou muscler sa branche « salaisons » (pour Cooperl Arc Atlantique) participe de la même stratégie : préparer l’avenir, « continuer d’investir malgré les difficultés pour être toujours là demain », souligne Michel Boulaire. Le groupe Jean Floc’h abat un peu moins de 40 000 porcs par semaine, découpés en très large majorité en 200 000 tonnes de viande, plus 50 000 à 60 000 tonnes de produits transformés. En année normale, le groupe Jean Floc’h exporte le tiers de son chiffre d’affaires. Ce sera évidemment moins cette année. Pour autant, « tous les cochons seront abattus et nous dégagerons un revenu, cela sans aide », tient à souligner Michel Boulaire.

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