Alors que la campagne pour les élections européennes ne suscite pas beaucoup d’intérêt chez les électeurs, la FNSEA a annoncé le 14 mai sa mobilisation. La méthode : des rencontres décentralisées avec les députés européens qui ont toutes les chances d’être élus le 7 juin dans leur circonscription. Le message : faire de l’agriculture, une ambition pour l’Europe. « Notre avenir est en jeu », souligne le président de la FNSEA.
«Si tous les Français étaient dans la peau des agriculteurs, ils s’intéresseraient à l’Europe ! », a lancé Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, le 14 mai. En effet, « nous sommes quasiment la seule politique intégrée », résume-t-il.
« Notre avenir est en jeu. C’est une période d’une extrême importance. (…). Chaque parlementaire doit savoir que le débat sur la future Pac se fera pendant son prochain mandat (2009-2014) », poursuit le leader de la FNSEA. « Nous nous attendons à des débats difficiles » sur la prochaine Pac de 2013, affirme de son côté Xavier Beulin, premier vice-président de la FNSEA. Les premières négociations auront lieu dès 2010 sur l’aspect budgétaire puis, l’année suivante, un autre débat se tiendra sur le contenu de la nouvelle Pac ». Une politique qui, selon la FNSEA, doit « préserver » des outils de régulation des marchés avec un « budget à la hauteur ». « Faire plus d’Europe avec le même budget, c’est en piquer un peu plus à l’agriculture », souligne Jean-Michel Lemétayer. La FNSEA prévient : « La Pac (…) ne saurait être la variable d’ajustement des contraintes financières ».
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Trois enjeux
Dans ce contexte, le syndicat a annoncé le 14 mai sa mobilisation pour élections européennes du 7 juin. Cette mobilisation de la « grande maison » et des Jeunes agriculteurs passe par des rencontres décentralisées. Une délégation menée par un membre du bureau de la FNSEA dédié à chacune des circonscriptions électorales rencontrera les futurs députés européens issus des différents courants politiques, extrêmes exclus. Il s’agit de les sensibiliser à trois enjeux : redéfinir la Pac après 2013, améliorer le fonctionnement de l’Union européenne et déterminer un budget à la hauteur pour la Pac. En clair, la FNSEA réclame l’adoption du traité de Lisbonne et « un peu de courage politique », selon la formule de Jean-Michel Lemétayer. Rappelons que lors du référendum sur la constitution en 2005, le vote rural avait penché en faveur du non. « La démocratie doit l’emporter sur la bureaucratie », peut-on lire sur le tract syndical (FNSEA et JA) intitulé « L’agriculture une ambition pour l’Europe ». Le syndicalisme majoritaire souhaite également que les députés européens servent à la « promotion de l’agriculture sur la scène internationale ». La FNSEA demande pour l’agriculture un « traitement différencié à l’OMC » : « Les produits agricoles ne peuvent pas être traités selon les mêmes règles que les produits industriels ou les services ».
Jean-Michel Lemétayer, qui n’a pas souhaité tenter l’aventure européenne en devenant député aux couleurs de l’UMP, « invite tous les paysans à aller voter ». « Le taux de participation que l’on nous présente dans les récents sondages est désolant », a-t-il conclu.