Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, a décliné la proposition de Nicolas Sarkozy qui le voyait déjà député européen aux couleurs de l’UMP. Le président de la FNSEA depuis mai 2001 ne sera pas candidat aux élections européennes dans l’Ouest. Même s’il se sentait « en droit de tenter autre chose après 35 ans d’engagement dans le syndicalisme », il a pour le moment, à 57 ans, fermé la porte à une carrière politique.
On sait toujours ce que l’on perd, jamais ce que l’on gagne, dit le proverbe. Entre une nouvelle carrière dans la politique et la continuation de son engagement syndical, Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA a choisi « de poursuivre sa mission » au sein de la « grande maison ». Ce fut « une décision très difficile à prendre ». Tels ont été les mots du président de la FNSEA, le 14 janvier, pour expliquer son choix de ne pas être candidat aux élections européennes. Lors de ses vœux à la presse, le leader de la FNSEA est apparu sérieux, presque solennel. Une attitude en rupture avec son style habituel. Preuve que l’heure était grave.
Une décision très réfléchie
Il a indiqué avoir « beaucoup réfléchi sur un plan personnel, professionnel et familial ». En effet, à 57 ans, après 35 années de carrière dans le syndicalisme, il se « sentait le droit de tenter autre chose ». Pourtant, Jean-Michel Lemétayer a décliné l’offre faite par le président Sarkozy en personne. Ce dernier avait, dans son casting, pour les élections européennes, proposé à Jean-Michel Lemétayer la tête de liste pour l’Ouest. « C’était une proposition d’ouverture à la société civile », a commenté le syndicaliste. Pour tenter d’expliquer sa décision, le leader de la FNSEA a exposé différents projets professionnels qui lui tiennent à cœur : la communication « générique » pour l’agriculture, « le devenir de la Sopexa et le développement de son activité » ainsi que l’aide alimentaire aux plus démunis dans le cadre de la Pac. Sans oublier le débat sur les orientations françaises du bilan de santé de la Pac qui est un sujet « difficile » à la FNSEA.
« Rien à craindre de son refus »
Ce refus sera compris « des gens de chez moi, a expliqué Jean-Michel Lemétayer, même si en Bretagne certains espéraient ma candidature ». Interrogé sur les conséquences de son faux-bond dans ses relations avec le chef de l’État, il a assuré que la FNSEA « n’a pas à craindre quoi que ce soit suite à son refus ». « Je ne prends pas beaucoup de risque à dire que, dans la durée, la FNSEA est sur des bases solides et qu’elle sera toujours là quand Nicolas Sarkozy ne sera plus à l’Élysée ». Un président, cependant, qui le sera jusqu’en 20112 et que Jean-Michel Lemétayer n’a pas eu directement au téléphone pour lui annoncer sa décision. Le dernier mandat de Jean-Michel Lemétayer prendra fin en 2011.
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C’est finalement Elisabeth Morin, parlementaire européenne, qui prendrait la première place dans l’Ouest. Non élue aux Européennes de 2004 (troisième de la liste UMP conduite par Roselyne Bachelot), elle accède finalement au Parlement suite à la nomination de Roselyse Bachelot dans le gouvernement Fillon en mai 2007. Réponse au conseil national de l’UMP le 24 janvier.
« À la remorque de personne »
Manifestement le mélange des genres entre syndicalisme et politique qu’aurait pu constituer une candidature UMP du leader de la FNSEA n’a pas pesé dans sa décision. « Je ne suis à la remorque de personne, a-t-il rappelé. Mon souci d’objectivité dans l’exercice de mes fonctions ne peut faire dire à aucun politique de droite ou de gauche que je suis dans son camp ». « La FNSEA a sa totale indépendance », a-t-il réaffirmé. La question est plutôt : « Où pense-t-on être le plus efficace ? », explique-t-il. Sa réponse : « Si j’étais égoïste, j’y serais allé ». Preuve que l’idée de devenir l’un des porte-parole de la France au Parlement européen l’a un temps séduit.