C’est une heureuse surprise que le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin – accompagné d’Hervé Gaymard – a réservé aux éleveurs pour la 13e édition du Sommet de l’élevage à Clermont-Ferrand : 80 millions d’euros seront débloqués pour financer en 2005 le nouveau Plan Bâtiment, soit une vingtaine de millions de plus que ce qui était attendu.
« Le Plan Bâtiment devait être doté d’au moins 60 millions d’euros ; j’ai demandé à Hervé Gaymard de porter dès 2005 à 80 millions d’euros l’enveloppe dédiée aux bâtiments d’élevage», a déclaré Jean-Pierre Raffarin lors de sa visite au Sommet de l’élevage le 8 octobre. Le Premier ministre s’est limité à l’annonce des grandes masses budgétaires, ajoutant que le Plan serait décliné régionalement selon les priorités définies en concertation avec les professionnels Pour le détail du Plan Bâtiment, voir Agra Presse hebdo N°2976 du 11 octobre 2004, pp 24-25.. Les collectivités territoriales qui souhaiteraient compléter le dispositif seront les bienvenues, a-t-il insisté.
Equarrissage : « Les éleveurs ne paieront pas »
Sous les applaudissements des professionnels, Jean-Pierre Raffarin s’est par ailleurs déclaré « ouvert» à une évolution du dispositif de financement de l’équarrissage « à condition que le coût ne soit pas supporté par les éleveurs ». Un signe politique apprécié par les producteurs. Et c’est avec satisfaction que les éleveurs ont également entendu le Premier ministre leur assurer que le gouvernement n’avait aucune intention de supprimer la part nationale de financement de la PMTVA (prime au maintien du troupeau allaitant), comme certaines rumeurs l’avaient laissé entendre. Enfin, sur le dossier de l’engraissement, le chef du gouvernement a conclu « qu’il conviendra d’envisager un dispositif d’aide spécifique pour conserver notre capacité à exporter les broutards». Les éleveurs d’ovins n’ont pas non plus été en reste, une enveloppe de 750 000 euros ayant été débloquée pour préparer la future identification électronique ovine, qui sera rendue obligatoire en 2008. Ce budget sera réparti entre l’expérimentation (2/3 des crédits) et l’animation des actions (un tiers).
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La grande distribution épinglée
Au-delà de ces annonces techniques, le Premier ministre a rendu un vibrant hommage au métier d’éleveur « qu’on ne fait pas par hasard ni par opportunisme, mais par cœur». Reprenant à son compte un certain nombre de thèmes chers aux agriculteurs, le chef du gouvernement n’a pas manqué d’égratigner la grande distribution, sous l’angle de : « Je ne suis pas favorable à ce que les distributeurs fassent de la publicité pour baisser les prix et se retournent vers les producteurs pour que ceux-ci baissent les leurs», explique-t-il. Le thème de la « paperasserie » n’échappe pas aux déclarations de bonnes intentions : « Il faut faire en sorte que la vocation d’un agriculteur est de produire et non pas de noircir des formulaires».
Sur les dossiers internationaux, Jean-Pierre Raffarin s’est vu remettre une motion appelant à la fermeté (voir encadré). Et c’est un discours résolument volontaire que le Premier ministre a adressé aux éleveurs, déclarant que la France doit restée « mobilisée» et « ne pas être mise devant le fait accompli». « Il vaut mieux ne pas avoir d’accord plutôt que d’être les seuls à payer ; on n’est pas prêts à brader notre agriculture», a t-il conclu.