L'encombrement des marchés européens atteint le marché français des jeunes bovins, dont les cours ont décroché au mois de mars. Les exportations françaises de viande bovine sont elles aussi en berne, notamment vers la Grèce et l'Allemagne.
LES cours des jeunes bovins (JB) ont nettement décroché au mois de mars, selon la Lettre de conjoncture de l'Institut de l'élevage pour le mois de mars. Les spécimens cotés O (selon le classement des carcasses bovines E.U.R.O.P) sont les plus touchés avec une chute de 11 centimes en un mois à 3,36 euros le kilo début avril, frappés « par la recrudescence des concurrences allemande et polonaise ». Les spécimens de cotation U et R ont également perdu 8 centimes, à 4,02 euros et 3,84 euros le kilo de carcasse.
Des marchés toujours encombrés en Europe
En effet, en Europe, le marché des jeunes bovins s'encombre. Les effectifs de mâles de 1 à 2 ans présents dans les élevages européens étaient en nette hausse en décembre 2013, +4,5% par rapport à 2012, notamment en Allemagne, en Pologne et en Irlande. « La pression créée par ce surplus se propage jusqu'au débouché italien », analyse l'Institut de l'élevage. C'est en Irlande que la production de taurillons a le plus vivement progressé. En mars, elle était supérieure de 35% par rapport à 2013, « en raison du recul des exportations de veaux laitiers en 2011 et 2012 », analyse l'Institut de l'élevage.
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En Pologne, la hausse des effectifs de mâles de 1 à 2 ans enregistrée en décembre, de 9% par rapport à 2012, continue d'alimenter les abattages, faisant progresser en janvier la production polonaise de viande de taurillons de 3%. En Allemagne, une chute des prix mi-2013 avait poussé les engraisseurs à retarder leurs sorties. En décembre, les abattages allemands étaient en hausse de 5%, tandis que la consommation ne montrait aucun signe de reprise, baissant même de 3% sur les deux premiers mois de l'année.
Recul des exportations françaises
Au même moment, les exportations françaises de viande bovine sont logiquement à la peine. Sur les mois de janvier et février, elles ont reculé de 10% par rapport l'année 2013. « Si les expéditions sont restées globalement stables vers l'Italie, où l'offre nationale faisait défaut en début d'année, elles ont fortement baissé vers la Grèce (-12%) », constate l'Institut de l'élevage. Les ventes vers l'Allemagne ont quant à elles chuté de 18%. Conséquence, le marché français absorbe une plus grande part de la production nationale de taurillons, « ce qui se fait pour l'instant sans trop de heurt compte tenu de la pénurie de viande de femelles qui perdure à l'échelle européenne », estime l'Institut de l'élevage.