Après le décès de deux nourrissons, la justice française enquête alors que les industriels multiplient les rappels de lots de laits infantiles. L'Efsa a été saisie pour encadrer la toxine en cause, appelée céréulide.
Ces dernières semaines, plusieurs industriels ont annoncé des retraits de lots de laits infantiles dans le cadre d’une suspicion de contamination par la toxine céréulide, elle-même liée à la fourniture d’un ingrédient, l’huile riche en acide arachidonique (ARA) fabriquée par le chinois Cabio Biotech. Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia), Lactalis (Picot), et Hochdorf (Bimbosan) ont procédé à des rappels de laits infantiles dans plus d’une soixantaine de pays au total, dont la France, depuis décembre en raison d’un risque de contamination. Les deux derniers à retirer des produits sont le groupe Vitagermine qui a annoncé le 25 janvier le rappel de trois lots de son lait infantile Babybio Optima, et Nutribio, fabricant des laits Nactalia, Sunny Baby et Lailac, détenu par Sodiaal, qui a annoncé le lendemain des rappels « volontaires ciblés à l’international ».
Ces retraits coïncident avec deux décès de nourrissons ayant consommé précédemment du lait Guigoz. Ce qui a amené la justice à ouvrir deux enquêtes pénales à Bordeaux et Angers. De son côté, l’ONG Foodwatch a annoncé qu’elle déposait plainte le 29 janvier contre X après les retraits de lots de lait infantile par Nestlé et Lactalis.
Recours rejeté par la justice administrative
En revanche, l’Association pour la santé des enfants, qui avait déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris pour dénoncer « la carence grave de l’État dans la gestion du scandale sanitaire des laits infantiles contaminés », a vu sa démarche rejetée. « Au vu des déclarations publiques de la ministre de la Santé du 23 janvier 2026, affirmant que l’ensemble des laits infantiles concernés par la contamination à la céréulide ont été retirés de la circulation et que la situation est maîtrisée, les éléments de la requête ne révèlent […] aucune carence caractérisée de l’État », relève le juge des référés dans son ordonnance consultée le 28 janvier par l’AFP. Le juge administratif estime par ailleurs que les demandes de l’association de « mesures de communication publique, de diligence d’enquête, de surveillance microbiologique renforcée […] ne sont pas au nombre des mesures d’urgence » que peut prendre le juge des référés.
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Le gouvernement a été interrogé à deux reprises le 28 janvier devant l’Assemblée puis au Sénat : la ministre de l’Agriculture et de l’agroalimentaire Annie Genevard a affirmé que les procédures avaient été « très très bien respectées ». L’autorité sanitaire européenne (Efsa) a par ailleurs indiqué le 29 janvier avoir été saisie par la Commission européenne pour établir une norme sur la céréulide dans les produits pour enfants. Elle rendra son avis le 2 février.
CB