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Justification des IG

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À relire l’histoire des indications géographiques (Gilles Allaire, Bertil Sylvander, 2005), on comprend que les termes de leur justification ont beaucoup évolué en un siècle : politique de « concurrence » jusque dans les années soixante-dix, de « régulation » et de « qualité » jusqu’en 1985, de « développement rural » depuis 1985, et de « propriété intellectuelle » et de « protection des savoirs » à partir des années 2000.

Leur histoire laisse finalement peu de place aux discours sur la typicité des terroirs, autrement dit à cette idée répandue – qui la distingue des marques et brevets – qu’un produit sous AOP/IGP ne serait pas le même s’il était produit 100 km (ou 15 000 km) plus loin.

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En fait, sur la longue durée, la justification des IG apparaît clairement protectionniste – et ce n’est probablement pas un hasard si elle vient de France. Derrière l’énergie déployée pour défendre ce concept – tout comme l’ICHN –, on aperçoit en creux les volontés française et italienne de défendre leurs zones rurales les moins compétitives – avec l’appui de plus en plus appuyé de grandes sociétés, comme Lactalis.

Avec la remontée actuelle des aspirations à la « souveraineté alimentaire », on peut d’ailleurs imaginer que la justification des IG change à nouveau, et retrouve ses origines protectionnistes. À ce titre, on attendra avec intérêt le résultat de la candidature des « fleurs coupées du Var » au label IGP. Difficile de croire que des pivoines ont une couleur différente, selon qu’elles sont coupées à Hyères ou à Aaslmeer ?